Les hommages me révulsent

de Pierre DERENSY
Roman

 
Les hommages me révulsent
252 pages
ISBN : 978-2-84859-001-1
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Résumé

Premier roman fort en gueule, tendre au coeur et littéraire en diable. Pierre Derensy y scrute l'humanité ordinaire avec un talent inégalé dans le registre des mots qui font mouche.
Derensy n'épargne personne : ni les vieux atteints de jeunisme, ni les quadras qui se prennent pour des ados, ni les industries chimiques qui manient avec machiavélisme l'art du chantage à l'emploi... mais il trouve aussi les mots pour rendre hommage aux femmes, à LA femme, à Shivaree, chanteuse à la voix d'or, à Djian, à la bonté de Germaine...

L'auteur : Pierre DERENSY

Passionné de musique et de littérature, Pierre Derensy collabore à plusieurs magazines dans lesquels il nous fait partager ses émotions, ses découvertes, mais aussi ses critiques au travers de chroniques ou d'interviews. Sont ainsi passés "entre ses mains" Kent, Carla Bruni, Françoise Hardy, Stephan Eicher, Bénabar, Brigitte Fontaine, Virginie Despentes, Dominique A, Didier Super, Cali, Renaud, Jeanne Balibar et bien d'autres.
Pierre Derensy est également co-auteur avec Cali du livre "Derrière l'espoir" qui fait partie de l'édition limitée du dernier album de Cali "L'espoir".
"Back-rage Librio" est préfacé par Kent.
Le blog officiel de Pierre Derensy : http://blog.myspace.com/114466781
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Salon de lecture

Chaque jour quelques pages à feuilleter



C'est qu'il a mérité de se reposer au calme, au milieu des plus grands : Steve Mac Queen (merci papa de m'avoir fait connaître), Gabin-Lino (même remarque), Brassens-Brel (même commentaire).

Prends des pincettes avec, sinon lui aussi te foutra une choumette de première classe.

Pis aussi mon feignant tâche de te mettre au boulot quand il s'agit d'arrêter les guerres et autres chouteries de l'humain que t'as créé.

Enfin, soit cool avec mon parrain Armand, parce que lui aussi c'est " maximum respect ", un cador, une statue.

Tâche de faire un miracle en dégottant un Côte Rôtie 59.

Ca devrait être facile pour un gonzier qui transforme de l'eau en vinasse de leur fournir quelques bouteilles de ta cave.


Salut mon grand.

P.D.

*

Lettre à insérer en début ou fin de roman

A messieurs les acacadémiciens
De l'acomédie française
75000 Paris

Les gars,

Préparez l'épée et l'habit vert : j'arrive !

Depuis que j'ai conclu mon chti roman, je reçois que des demandes. Aucun jour ne passe sans que je sois invité dans vos manifestations d'intellectuels.

J'ai devancé votre appel qui n'aurait su tarder, par ma postulation (du verbe postuler - manifestation purulente sur les visages de vieux acacnéidiens).

Je sais qu'il est conseillé, lors de nos petites javas, de porter le bitos de travers style napoléonien. Moi, depuis ma plus tendre enfance, on me surnomme le petit cycliste, référence gardée à Michel Audiard (grand oublié de votre congrégation). C'est pourquoi je me chausserai le bulbe d'une capette (sorte de petite casquette toute mignonne).

Pour ce qui est de mes fautes d'orthographe, vous en faites pas, je prends des cours.

Je veux que ce soit Jean d'Ormesson qui face mon discours d'entrée, depuis le temps que je le lis, il me doit bien ça.

Si par bonheur, vous pouviez par la même occase, inviter à siéger Vincent Ravalec, Philipe Djian, Virginie Despentes et Michel Houellebecq, je pense que ce serait bien ! On rigolerait dans un bon esprit. Comme disait Brigitte Lahaie : " Place aux jeunes ! ".

De plus, j'ai un ami, un boute-en-train, S.Froissant, qui est aux lettres ce que je suis au scrabble : un maître, qui voudrait bien m'accompagner. Comme lui c'est moi et lycée de Versailles (vice et versa), il vous rendrait des services insoupçonnés, même par lui. Si vous êtes déjà arrivé à la lettre " B " comme bière, revenez-y ! Maître Kanter n'a plus aucun secret pour lui. Alors soyez chouettes et balancez-lui un carton d'invit.

Merci d'avance. J'attends vos instructions pour les préparatifs !

A plus.

P.D.

*

Lettre à insérer à la suite de la précédente

Sébastien Froissant

La Froiss,

C'est tout bon mon pote.

On y go à l'académie !

J'ai formulé mes vœux et tu vas m'encadrer lors du passage de relais avec un croulant qui est canné !

On va devenir des immortels.

A nous la gloire, le fric et les petites pépés.

Pour l'équipement, te fais pas de mouron : fous ton anorak vert K-Way d'Albertville ils y verront que du feu.

Je te demande seulement de pas te couper avec ton opinel qui te servira d'épée.

Si on te pose des questions t'as qu'à parler doucement dans ta barbe de San-Antonio, ils ont tous des sonotones ce sera pas dur de faire subterfuge.


Ton ami
P.D.

*

Lettre à insérer à la page du débat d'Eicher

Stephan Eicher
Engelbergh,
Carcassonne ou Zurich

Monsieur Eicher,

Petit, j'avais les cheveux raides comme vous et je voulais vous ressembler, vous trouvant un style physique magnifique (que vous gardez toujours du reste).
Malheureusement, l'adolescence vint casser toute cette ambition puérile par un concret retour à la terre ferme. En effet les aléas de mon cuir capillaire finirent par me faire constater que celui-ci était bouclé ! et qu'avoir les cheveux longs pour un frisé c'est moche. Voulant me rattraper par la boucle d'oreille sur oreille gauche je dus à nouveau enregistrer une rebuffade. Allergique aux boucles d'oreilles je dus garder les traces pendant un mois d'une esgourde congestionnée par l'or.
Bref, je ne serai jamais vous.
Grand, je continuais de vous vénérer et me réfugiais dans vos chansons quand tout allait bien ou quand tout allait mal, donc par tous les temps.
Que dire qui n'ait pas été dit : ce ne sont pas des chansons, ce sont des perles. Inusables dans mon cœur. Des instants neigeux sur fond de sirène. Des envoûtements de navires à l'échelle humaine.

Vous êtes un chanteur hors normes, généreux, humble, ombrageux, mélodiste, alliant la théâtralité à la musique de toute origine. Unique.
De plus, je salue par mon âme anarchiste votre choix de n'être pas rentré dans le système showbiznessien tout tracé après vos succès (mérités) et d'avoir préféré vous consacrer à l'unique chose importante pour un artiste : son public, le vrai !
Vous n'avez pas voulu jouer l'image de l'Helvète solitaire et triste, bien vous en a pris. Mais à vrai dire, ce choix s'est fait de lui même car vous saviez que nous étions là, nous, les sans grade, les petits, assis près de vous, vibrant pour une chanson oubliée sur l'un de vos premiers opus, que vous veniez de réorchestrer à notre plus grande surprise.
Jamais ces gens, ces nobles écouteurs, ne vous ont réclamé " Déjeuner en paix " mais au contraire " Prière du matin ".
Vous, exauçant nos demandes, tournant le dos à la variété française en lui lançant un bras d'honneur, vous avez comblé de félicité toute la classe laborieuse de la musique française !

Vive la Suisse libre ! Vive Stephan Eicher !

P.D.
PS : Connaissez-vous quelqu'un dans ma famille pour que vous cibliez vos chansons sur ma vie ? C'est sympa de me faire plaisir mais pensez à votre carrière !

*

Lettre à insérer après les chapitres consacrés à Audrey :

A l'intention des merveilleuses gonzesses
Et des salopards de gars.
1 rue de la drague

Mesdames, Messieurs,

Je vous ai bien vues, mes belles, allonger des œillades à mon intention et mater plus qu'il ne faut mon beau cul pommelé.

Je vous ai bien vus, mes salauds, allonger des œillades à l'intention de ma petite sirène et mater plus qu'il ne faut là où il ne faut pas.

C'est pourquoi :

N'hésitez pas à me faire savoir que mon corps d'albâtre et mes tics grossiers sont pour vous un nouveau rendez-vous avec l'amour.

N'hésitez pas à venir me chercher des poux je serai fort heureux de vous casser la gueule !

Mon propos qui a flanqué un coup de vieux aux principes machistes de vos compagnons, vous a enflammé, et c'est normal. Mes petites piques d'érudit face aux balourdises de la gente masculine vous ont séduites et c'est légitime.

Ce n'est pas parce que ma femme, qui n'est pas encore mariée, mais cela ne saurait tarder, est super-super intelligente qu'il faut penser qu'elle pourrait tomber dans vos bras assassins d'idiots du village. Passe ton chemin mon petit gars, t'es déjà dans le fossé !

Nous ne sommes pas au regret de vous dire qu'il est inutile de nous draguer.
Nous sommes heureux et entichés comme personne, c'est pour cela que vous ne pouvez nous comprendre.

Nous " flyons " à dix mille lieux d'amour de vous. Nos cœurs sont inséparables et notre béguin est éternel.
Je sais, cela fait imagier débile de la passion, mais c'est comme ça. Ne soyez pas jaloux-jalouses.

En conclusion :
Toi ma grande qui a le feu au cul,
Et toi pour qui ta bite est ton bâton de maréchal ;
Essayez de voir en l'homme et la femme autre chose qu'un petit bout de sexe.

P.D.

*

Lettre à insérer au chapitre DJ

RIVIERA DISC-JOKEY
Rue de la Pop Music
LONDON-AUCHAN

Monsieur,

Nous ne nous connaissions pas et ce fut un choc.

Vous sembliez pas très intelligent avec votre tenue d'adolescent dans le vent malgré vos rides marquées, mais ma femme m'avait bien fait comprendre que l'habit ne fait pas le moine et que vous pouviez fort bien être con comme un DJ mais compétent dans les mariages.

Et comme vous me le fîtes si bien remarquer : " Je connais mon métier : je sais faire danser ".

Passé le principe que nous ne voulions pas de farandole, ni d'entrée dans la salle de mariage, ni de " pot à la jarretière ", fondement que vous sembliez affectionner et nous détester.

Vous nous divulguiez, une phrase qui a aussitôt confirmé ma première impression : " Mais bordel de dieux c'est un mariage ou un enterrement ? "... private joke asséné des plus finement... Avec un sourire complice à ma promise car moi je ne souriais vraiment, mais vraiment pas.

Las de fines mises en bouche, vous cibliez notre mariage comme on vise un lapin : en chasseur pourvu de gros sel.

Le pécore lambda de vos fêtes doit certainement s'y retrouver dans le listing d'interprètes que vous possédez. A croire que nous ne sommes pas du petit bois mais bien au contraire du bois avec lequel on se chauffe.

Et nous nous sommes chauffés l'un l'autre, comme deux amants dont les passions sont injoignables, monsieur Magic DJ ! Moi retranché dans mon bon vieux rock à Billy et vous, prêt à tout tenter pour avoir le marché ! Non-non et non : Mike Brant ne me faisait pas danser, oui j'aimais Beck et nous finissions en prise du même nom.

J'ai bien remarqué votre attaque frontale sur mes goûts bizarroïdes et mon manque d'ouverture d'esprit, j'ai effectivement grisé de noir la colonne " non " quand vos classiques incontournables en soirée me sont tombés sous les yeux.

Moi, familier, je renvoyais l'ascenseur, arguant que mes goûts, ordinaires pour quelqu'un de normal, étaient des lignes musicales très prisées chez les gens ayant plus de 2 de Q.I !

Mais la remarque dans le sens inverse en retour de service vous a choqué. Chocking comme disent vos amis anglais, amis où selon vos dires vous allez manufacturer de la pop anglaise.

Ma femme, une princesse, remarquant vos pellicules sur costume noir, chose qui ne trompe pas et comme quoi la première impression est toujours la bonne surtout si elle est mauvaise, aurait dû vous conseiller Petrolan, plutôt que de vouloir inverser la tendance en voulant nous faire devenir ami-ami.

Les chiens n'aiment pas les chats et j'étais déjà toutes griffes dehors, feulant comme un tigre de papier. Vous étiez collier au cou assouvi à la variété française, j'étais insoumis dans les bras des jouisseurs de la musique de tous pays.

Elle vous demanda des renseignements sur le prix de vos prestations et ma stupeur voulut que je dut, par un mouvement irréfléchi, bien que, vous déclarer à la réponse, tout de go :

" Au prix de ton cirque ça fait cher le kilo de merde ".

Certes dans la formulation, j'avais tort, mais dans le fond...

Vous me donnerez sûrement tort et vous semblez tel, que je vous vois bien déjà manifester de la haine primaire pour que notre mariage soit une catastrophe.

Je vous rassure de suite, un ami, un frère, un vrai, va nous faire la sono. Avec tout ce que l'on aime et même que cela lui paraît évident que ce soit le couple qui choisisse ses musiques avec l'aval d'un professionnel des sonorisations, et pas l'inverse comme vous sembliez le dire.

Nous danserons toute la nuit et même au petit jour. Jamais Cloclo n'ira brailler dans ses enceintes, elles sont comme mes couilles, trop précieuses.

Je pourrai assurer des prestations incroyables avec mes amis.

Dans un moment propice à l'amour, nous vous prouverons que la musique adoucit les mœurs.

Cordialement.

P.D.

*

Lettre à insérer à la fin

Mathilda DERENSY
23 rue du kemmel
59280 ARMENTIERES

La pépette,

Vu que t'es encore à nous, ta mère et moi, mais plus pour longtemps (tu vois je me prépare tôt à ton départ, c'est ta mère qui me dit de le faire car elle prévoit la difficulté du cordon ombilical), 20 ans c'est le minimum syndical qui me convient, j'espère qu'il en sera de même pour toi.

Passons un contrat à l'amiable sur la seule base de nos deux bonnes fois.

J'aimerais, au fil des ans à passer avec moi, qui ne suis pas tout miel, qu'un jour il ne te vienne pas à l'idée de m'appeler " Vieux Con ".

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