Résumé
Rencontre en demi teinte entre un fils et sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Une relation s'installe au fil des visites. Jamais le nom de la maladie n'est évoqué ou ne paraît. De courts moments intimistes et pudiques durant lesquels quelque chose semble interférer avant la dérive inéluctable de la conscience.
L'écriture poétique de Jean-Louis Azencott transcrit jusqu'à l'épure les silences, les fragments de vie et cette atmosphère diaphane et secrète dans laquelle il nous invite à pénétrer, loin des schémas habituels et des pièges du mélo.
Une oeuvre poignante.
Illustration de la couverture : Jean-Louis Azencott.
Salon de lecture
Chaque jour quelques pages à feuilleter
Repeindre son cerveau à l'aquarelle pour qu'un sourire permanent fleurisse sa bouche.
Une pluie d'étoiles qui se couchent au fond de ses yeux.
Elle tire le signal au bord de sa nuit. Fabrique des nuages dans sa tête, en plein soleil.
Rallumer.
Remonter son ennui comme on remonte une pendule.
Des jours humides, avec rien dedans.
Elle se lève.
Fait semblant de lire. Encore étourdie de rien. Debout à contempler inexorablement le balancier du temps. Recoller ses bouts de vie en désordre.
Son histoire, tête-bêche comme les chevaux.
Le bateau de Mother est à quai. Les piétons s'en vont pourtant des trottoirs. Personne n'y monte.
" Tu veux de l'eau pour tes fleurs ? Il fait lourd au bout de ton ennui. Pousse encore un peu le rideau. Entrouvre la fenêtre. Laisse entrer le jour. Ici ça ressemble à un complot, tu sais. Un peu d'air te ferait du bien. "
Sur la table encombrée, sa tasse de café se prélasse, intacte. Un petit matin encore dérangé.
Mother se déglingue dans sa brume.
L'âme mouillée.
De l'ombre partout.