Un des sens

de Jacques Olivier GRATIOT
Poèmes

 
Un des sens
120 pages
ISBN : 978-2-84859-010-3
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Résumé

Parce que la vie est à défendre, à embellir, à aimer, à inventer.
Parce que, chaque matin, il a un petit morceau de rêve à croquer.
Parce que, chaque matin, il a un sourire de vie à protéger.
Les mots sont ses outils à lui.
Jacques Olivier Gratiot bâtit avec les mots comme d'autres taillent la pierre de leur maison, assemblent le bois de leur charpente, tracent leurs champs, soignent leurs bêtes, embrassent leurs enfants.
Il chante nos émotions ; milite avec Gyrophare, Fantasfric, Dessus Dessous, Miroir, A l'arme ; embellit avec Prière de mai, Carnavage, La nuit ; aime avec Dormeuse, Orne, La leçon d'écriture, Ivre moi, Un des sens ; sourit avec Ma vie, Milord, Détour, Essaime.
Illustration de la couverture : Toni Casalonga.

L'auteur : Jacques Olivier GRATIOT

Vigneron et poète, comme il se qualifie lui-même, Jacques Olivier Gratiot partage sa vie entre Paris, Saint-Emilion et la Corse.
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Un des sens

Jamais je n'ai songé que l'on puisse, du ciel,
Ecoper autant d'eau.
Nos têtes, nos épaules, nos hanches
De noces étaient noyées ;
Et je vis ton regard s'agrandir sous la pluie.
Je me tourne et t'annonce :
Vois-tu, cette réalité, nous ne pourrons jamais
La VIVRE.
Devant moi s'enfuyaient tes cheveux déroulés.
Je caresse de l'ongle le plaisir de ton sein,
Ta peau d'opale orne les jardins de Faïence,
Mes chevaux à tes flancs forcent sous le harnais
La puissance du vent.
Les chœurs d'hommes gonflent la voile,
Les ventres d'oliviers arrondissent les lumières,
Je remonte sur ta nuque quelques boucles de sel.
Tes mains glissant l'anneau mille fois suppliant,
J'élèverai la voie.
La hantise du Maure aux yeux marquetés d'or
Qui entendait, toujours,
La fuite,
Des violons sur la mer aux musiques corsaires.
Si la femme veut t'offrir la mémoire de ses ports,
Elle mord le fruit et dit :
" de la chair au noyau,
Etre digne d'instant et béni d'un des sens. "


Ma vie

Elle a filé
Comme un lacet
Dans un soulier.
Un matin
Je me suis réveillé,
Et tout était passé,
Comme un métro raté.
Elle ne m'a rien laissé
Même pas un petit mot
La vie c'est du gâteau,
Je l'avais tout bouffé.
J'en avais rien gardé
Pas même un petit bien
Pas même un petit chien.
Ma vie
Elle a glissé
Sur une taie d'oreiller
Sur une toile cirée.
Un jour elle s'est sauvée,
Sans prévenir,
Sans courir,
Elle a pris mon vélo
C'était un jour de mai
Où les fleurs et les femmes
Dans mon dos lui souriaient ;
Elle aurait pu m'attendre
Mais ça n'a pas marché
Au passage à niveau
J'ai pu la rattraper.
Ce que j'aurais aimé
C'était d'la dessiner
J'aurais pu l'accrocher.
Elle ne m'a pas fait signe
Un cliché une pub
Elle s'est consumée
Au fond du cendrier ;
Pas qu'elle était ratée
Ça ce n'était pas vrai
Je l'ai longtemps cherchée
Je lui avais rien fait
Elle avait toute fondu
Comme un cornet glacé.
Je l'aurais même prêtée
Mais où est-elle passée
Au présent imparfait
Elle m'a échappé,
Elle devait pas m'aimer
Alors elle s'est barrée.
Juste un mot sur la terre :
" Tu ne m'as pas regardée "
Je n'y avais pas pensé.

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