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Bourse jeune écrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère

L’appel à candidatures pour la bourse Ecrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère est ouvert jusqu’au samedi 6 juin 2020.

Dotée de 25 000 €, cette bourse est attribuée à un jeune écrivain de moins de 30 ans qui a un projet de roman en français. Le candidat doit déjà avoir publié en français au moins une œuvre littéraire, autrement qu’à compte d’auteur.

Les dossiers de candidature sont à télécharger sur le site de la Fondation.

"Ma vie est tout ce que j'ai", nouvelle de Gilles Vidal

Nouvelle de confinement proposée par Gilles Vidal : « Ma vie est tout ce que j’ai »

Au réveil, je baignais littéralement dans mon jus, le tee-shirt me collait au-dessus des omoplates, trempant les cheveux gras qui retombaient sur ma nuque, et une odeur vinaigrée entêtante qui provenait de mon corps semblait saturer l’air ambiant. En voulant pivoter sur moi-même pour m’asseoir au bord du lit, je ripai et me retrouvai au sol, me faisant mal au passage au genou qui avait frappé le parquet où un troupeau de moutons de poussière ne sommeillait que d’un œil. Je me relevai difficilement et me traînai vers la douche avant de me souvenir, comme à chaque fois, qu’il ne fallait plus utiliser d’eau jusqu’à nouvel ordre – même pas pour se laver (si on tenait à sa peau). L’État ayant mis la clé sous la porte, il ne restait plus grand-chose en fait qui fonctionnait : quelques heures d’électricité par jour au coup par coup qu’il fallait mettre au maximum à profit, un internet intermittent, voire chevrotant – quant au téléphone mobile, il marchait encore quand on avait la chance d’avoir le bon opérateur et de l’argent sur son compte en banque.

Dans l’appartement oppressant, c’était aussi la fin. La fin des haricots. Ayant épuisé toutes mes ressources, je ne pouvais plus rester, il me fallait partir. Pour de bon. Et ce n’était pas à proprement parler un déconfinement (on en avait tant parlé, des semaines et des mois durant, plus d’un an même, comme étant imminent, que finalement il n’était jamais venu ce déconfinement, remplacé par un chaos indescriptible, un carnage, une sorte d’anarchie sans nom faite d’émeutes, d’incendies, de viols, de meurtres, et j’en passe).

Je versai le fond de mon avant-dernière bouteille d’eau dans la machine à capsule et me fit couler un jus bien noir. Eh oui, plus d’eau à boire, à part celle que j’emmènerais avec moi. Pareil pour la bouffe. Que dalle.

Tout en sirotant mon café, j’ai repoussé l’épais double rideau et j’ai jeté un œil par la fenêtre de la cuisine. En faisant gaffe, comme toujours, même si toutes les fenêtres de l’immeuble en face étaient aveugles, même s’il était inconcevable que l’on me devine (mais je ne savais pas ce qui se tramait derrière ces murs, combien d’apprentis snipers s’y trouvaient). La rue était déserte pour l’heure. Quelques voitures en travers de la route avaient leurs portières arrachées, des pillards avaient abandonné ce qui ressemblait à des hardes le long des trottoirs. Hier, il y avait plus d’agitation : quelques ombres floues apparaissaient brusquement sous une porte cochère ou au bas de caisse d’une auto pour disparaître aussitôt par un tour de passe-passe sidérant – de quelle engeance étaient constituées ces ombres ? Je ne sais. Quelques drones, aussi, étaient venus fouiner comme des mouches à merde sans toutefois qu’un de ces hélicoptères vautours lourdement armés ne vienne menacer le quartier comme c’était souvent le cas après leur passage. J’avais également observé deux chiens efflanqués se battre sauvagement pour un morceau de viande sanguinolent dont l’origine semblait indécise (animale, humaine ?). D’autres chiens avaient hurlé au loin des heures durant comme des loups, à plusieurs rues de là, à vous glacer les sangs.

Je me suis ensuite minutieusement préparé, comme un homme part au combat. Sur le sentier de la guerre, mais sans tunique cousue de perles, de colliers en os ou de peintures au visage. Rien que du solide, de l’épais, lames affûtées aux pointes des godillots, gants avec armature, minerve, mentonnière et genouillères de protection, masque à filtres interchangeables, casque de motard, couteau japonais à la hanche gauche et le Manurhin MR73 que j’avais hérité du grand-père, nettoyé, huilé et chargé jusqu’à la gueule à la hanche droite. Sans oublier le sabre court dont j’avais aiguisé la lame durant de longues heures.

J’ai pris mes papiers d’identité aussi, et deux cartes bancaires sans savoir si elles fonctionnaient encore. C’était comme pour ma femme : était-elle encore vivante ? Et mon fils se trouvait-il encore avec elle ? Il y avait plus de six mois que je n’avais plus de nouvelles, je m’étais fait une raison. Qu’avais-je dit au fait à ma femme quand nous nous étions séparés ? Je n’en avais plus aucun souvenir ; aujourd’hui, je lui dirais peut-être quelque chose dans ce goût-là : « Un jour nous nous retrouverons, ma chère, je te reconnaîtrai et tu me reconnaîtras malgré les années passées, tu m’aideras à reconstruire ma vie et je t’aiderai à affirmer la tienne, jusqu’au bout nous irons. » J’ai ri tout haut à cette bêtise qui m’était passée par la tête, un rire sardonique à faire peur.

Il ne me restait plus qu’à retirer un à un les meubles que j’avais entassés devant la porte d’entrée – une véritable barricade. Et d’affronter l’inconnu. Je fermai les yeux quelques minutes et, pour me donner de la force, me remémorai les nocturnes tristes et déchirants de Gabriel Fauré. J’étais prêt.

À peine avais-je mis le pied dans le couloir qu’un imposant salopard vêtu de noir se jeta sur moi dans un rugissement. Je le repris de volée avec mon sabre tenu à deux mains avec toute la puissance possible dans mon coup, ce qui fit que la tête de mon agresseur que je venais de trancher, après avoir dodeliné une micro-seconde, tomba sur le sol dans un éclair ensanglanté et dévala l’escalier tel le ballon échappé des mains d’un enfant.

Ce n’était que le début, bien sûr. D’autres épreuves, bien plus conséquentes, m’attendaient. Le destin s’amuse des hommes. Tenir le temps qu’il faut. Mais de toute façon, c’est le temps qui nous emporte tous sur son dos.

© Gilles Vidal, avril 2020
Romans de Gilles Vidal publiés aux éditions Zinédi :
Ciel de traîne (2018)
La Boussole d’Einstein (2019)

A la découverte de Jean-Pierre Croset

1557Tous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d'un livre de leur catalogue.

Jeudi 30 avril, nous vous proposons de découvrir Jean-Pierre Croset, dont les éditions Zinédi ont publié le roman historique 1557 en 2016.

Ancien élève du cours Simon, Jean-Pierre Croset voulait devenir comédien, mais il s’est d'abord orienté vers la musique, avec le groupe les « JP-PLL » au sein duquel il était guitariste, puis vers la chanson. Avec Alain Féral, (fondateur des « Enfants terribles ») ils montent un duo, « Les Mandragores », et font les premières parties de chanteurs comme Gilbert Bécaud, Serge Reggiani, Guy Béart. Il prend goût à l'écriture et produira plus de 300 textes de chansons. En 1963 il reçoit le prix international du disque de l’Académie Charles Cros.
Sa corde artistique n’a jamais cessé de vibrer et après 30 ans de vie professionnelle comblée, il revient à ses premières amours : la musique, le chant et l’écriture.
Plusieurs de ses textes ont été publiés : chez Jean-Claude Lattès, Sur tous les tons, recueil des textes de ses chansons, puis un premier roman, Écris-moi, chez Liriade en 2014. En 2016, Zinédi publie son deuxième roman, 1557, pour lequel Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et ancien maire de Saint-Quentin, a écrit la préface. Le troisième roman devait paraître chez Zinédi cette année, mais les muses en ont décidé autrement. Entre-temps est paru en 2017 chez Lame Vague éditeur un recueil de contes et nouvelles, Et si l’Oubli avait un trou de mémoire ?.
La même année, il est lauréat du prix Jean de La Fontaine, organisé par la ville de Château-Thierry et l’Académie Charles Cros, pour lequel il a obtenu le premier prix, avec sa fable intitulée La Tuile et l’estragon.

1557, quand l’amour et l’aventure mettent en lumière l’Histoire de France

En 1557, Saint-Quentin est assiégée par l’armée espagnole venue des Flandres, mais ses habitants sont bien décidés à résister. Sous l’impulsion de l’amiral Coligny, la ville se bat avec acharnement durant vingt-sept jours, sacrifiant ses « Enfants » devenus de véritables remparts humains devant l’assaillant. Ces semaines gagnées affaiblissent l’ennemi : Philippe II, roi d’Espagne, renonce à venir assiéger Paris.
Sur fond de vérité historique, Jean-Pierre Croset nous conte l’histoire d’amour d’Anne Dassonville, jeune résistante à la pointe des combats, et de Guillaume de Rhuis, chevalier au service du roi Henri II, qui vont servir de fil rouge pendant les deux dernières années du règne d’Henri II.
Mêlant Histoire de France, aventure et histoire d’amour. L’auteur entraîne le lecteur dans une aventure romanesque pour mieux lui faire revivre les événements de cette période historique, jusqu’au tournoi fatal qui causa la mort du roi de France Henri II et à la déchéance de sa favorite, Diane de Poitiers.
Personnages historiques et fictifs se rencontrent au fil des mots : Guillaume de Rhuis est l’envoyé du roi en Italie et auprès des gouverneurs de province pour renflouer les caisses du Trésor, tandis que l’héroïne, Anne Dassonville, deviendra l’apothicaire attitrée de Diane de Poitiers et sera accusée d’espionnage par Catherine de Médicis. Deux passions, l’une fictive, l’autre réelle (Henri II et Diane de Poitiers) vont s’entrecroiser tout au long du roman.

 

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Lettre ouverte au ministre de la Culture

L'association l'autre LIVRE, qui regroupe 250 maisons d'édition indépendantes, écrit une nouvelle fois au ministre de la Culture, Franck Riester, pour demander un tarif postal privilégié pour le livre, comme c'est le cas pour la Presse depuis la Libération :

Lettre ouverte au ministre de la Culture

à M. Franck Riester, Ministre de la Culture

Paris le 27/04/2020

Monsieur le Ministre,

Vous avez annoncé que vous alliez rendre public, dans les jours qui viennent, un ensemble de mesures concernant la filière du livre.

Nous avons de sérieuses raisons de redouter les conséquences de la période que nous traversons sur la vie et l’activité de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre.

La fermeture des librairies (qui met de nombreux libraires indépendants dans une situation délicate) a aussi un effet immédiat et direct sur nos maisons d’édition. Nous craignons qu’un certain nombre d’éditeurs d’indépendants n’y survivent pas.

S’ils disparaissent, ce sont des catalogues qui vont disparaître des rayons des librairies. C’est avant tout la capacité de création éditoriale, la diversité et le pluralisme culturel de notre pays qui seront abimés. Dans certains domaines, en particulier ceux qui sont jugés non commerciaux, les petits éditeurs, les éditeurs indépendants qui sont animés avant tout par la passion du livre, jouent un rôle de création essentiel. C’est le cas notamment pour la poésie, la nouvelle, la philosophie, l’essai, la traduction, l’histoire régionale et sociale, le livre jeunesse…

Parmi les mesures qui nous paraissent indispensables, il y en a une à propos de laquelle nous vous avons écrit dès les premiers jours du confinement et sur laquelle vous nous permettrez de vous relancer.

Les circonstances actuelles rendent en effet urgent la mise en œuvre d’un tarif postal préférentiel pour le livre, à l’image de ce qui existe pour la presse.

Actuellement les tarifs postaux qui nous sont imposés quand nous envoyons nos livres aux libraires, aux bibliothécaires, aux lecteurs, pèsent très lourd dans l’économie de nos maisons.

Cette revendication qui est aujourd’hui soutenue par plus de vingt associations d’éditeurs, nationales et régionales, n’est pas une revendication catégorielle, voire « corporatiste ». Elle répond à une nécessité pour tous les acteurs de la filière du livre : qu’ils soient auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires, lecteurs.

Elle a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs pétitions dont celle qu’avait lancée notre association et qui avait recueilli plus de 4 000 signatures.

D’autre pays européens, comme vous le savez, pratiquent une tarification spéciale.

En France, il existe un tarif postal particulier, dit « livres et brochures » qui n’est appliqué que pour les envois à l’étranger, afin d’aider à la promotion de la culture française à l’étranger.

Mais aujourd’hui, c’est ici même et maintenant qu’il faut soutenir la diffusion de la culture.

Nous pensons donc qu’il faudrait sans tarder généraliser ce tarif aux envois de livres en France et dans les TOM-DOM.

Il n’est pas dit qu’un tel tarif entraîne un manque à gagner pour la Poste, car il pourrait favoriser en retour une plus grande circulation postale des livres.

Ne pas donner droit à cette revendication serait par contre favoriser les géants du commerce en ligne qui risquent fort de profiter de la crise actuelle, au détriment des autres acteurs de la filière.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à notre demande, nous sommes à votre disposition pour toute concertation et vous prions de croire en l’assurance de notre considération.

Francis Combes

Président de l’autre LIVRE
www.lautrelivre.fr

Vous pouvez retrouver les précédentes lettres adressées au ministre de la Culture et au ministre de l'Economie et des finances sur « Nos revendications ».

Jean-Pierre Croset s’en est allé

Jean-Pierre Croset« Mais qui est donc ce monsieur Croset, à la plume parfois légère et coquine, au récit sacrément épique, dont aucune ligne ne manque de souffle ? La vie de Jean-Pierre Croset, à elle seule, pourrait donner lieu à un joli roman, dont il livre ici quelques pages. » écrivait Nicolas Totet dans le Courrier Picard à la sortie de son roman 1557, « roman historique sur le siège sanglant de Saint-Quentin, sa ville natale. » Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui connaît parfaitement l’histoire de Saint-Quentin dont il fut maire jusqu’en décembre 2016, a été sensible à ce roman qui relate de façon très détaillée cet événement historique. « Ce chapitre tragique et glorieux de l’histoire de Saint-Quentin et de l’Histoire de France, Jean-Pierre Croset nous le fait revivre dans un roman à la Dumas, au travers d’une succession d’intrigues captivantes vécues par des personnages aussi bien fictifs que réels. », écrit-il dans sa préface.

Comédien de formation, ancien élève du cours Simon, Jean-Pierre Croset s’oriente en premier lieu vers la chanson. Avec Alain Féral, ils montent un duo, « Les Mandragores », et se produisent dans les cabarets. Il prend goût à l'écriture de chansons et produira plus de 300 textes. En 1963 il reçoit le prix international du disque de l’Académie Charles Cros. Il poursuit en parallèle une carrière dans l’édition, chez Hachette.
Sa corde artistique n’a jamais cessé de vibrer et après 30 ans de vie professionnelle comblée, il revient à ses premières amours : la musique, le chant et l’écriture.
Sa bibliographie rassemble plusieurs textes : Sur tous les tons, recueil des textes de ses chansons paru chez Jean-Claude Lattès, un premier roman, Écris-moi, paru aux éditions Liriade en 2014, 1557, son deuxième roman, paru en 2016 chez Zinédi, Et si l’Oubli avait un trou de mémoire ?, un recueil de contes et nouvelles, paru en 2017 chez Lame vague éditeur.
Il est lauréat 2017 du prix Jean de La Fontaine, organisé par la ville de Château-Thierry et l’Académie Charles Cros, pour lequel il a obtenu le premier prix, avec sa fable intitulée La Tuile et l’estragon.

Installé dans sa maison de Monceaux-au-Perche, il mettait la dernière main à son prochain roman à paraître chez Zinédi en 2020 quand les muses l’ont enlevé.

Les éditions Zinédi perdent un ami, un saltimbanque à la jolie plume et au caractère joyeux. Elles s’associent à la peine de ses proches et de son âme soeur.

Nous lui rendons hommage avec ce texte de Louis Amade chanté par Gilbert Bécaud : Quand il est mort le poète.

Quand il est mort le poète,
Quand il est mort le poète,
Tous ses amis,
Tous ses amis,
Tous ses amis pleuraient.

Quand il est mort le poète,
Quand il est mort le poète,
Le monde entier,
Le monde entier,
Le monde entier pleurait.

On enterra son étoile,
On enterra son étoile,
Dans un grand champ,
Dans un grand champ,
Dans un grand champ de blé.

Et c'est pour ça que l’on trouve,
Et c'est pour ça que l’on trouve,
Dans ce grand champ,
Dans ce grand champ,
Dans ce grand champ, des bleuets.

 

Lettre ouverte au ministre de l'Economie et des Finances

L'association L'Autre Livre, après avoir écrit au ministre de la Culture, Franck Riester, s'adresse également à Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances pour un tarif postal spécifique au livre, seul moyen de sauver les petites structures d'édition et les librairies indépendantes. Voici la lettre, vous pourrez aussi la retrouver sur le site de l'autre LIvre:
Lettre ouverte au ministre de l'Économie et des Finances
Paris, le 20 avril 2020
Copie à M. Franck Riester, ministre de la Culture

Monsieur le Ministre,

Je me permets de reproduire ici les mots qu'une de nos adhérentes nous a demandé de porter à votre attention, mots qui font écho aux inquiétudes de bon nombre d'éditeurs indépendants, représentés parl'autreLIVRE
« Nous sommes bien sûr tous préoccupés par nos personnels de santé qui sont au front pour lutter contre le Covid-19 et nous exprimons notre solidarité en restant confinés.
Cela étant dit, bien des secteurs de l'économie sont en souffrance, et nombre d'entreprises, particulièrement de petite taille, ne s'en relèveront pas. C'est le cas du monde du livre, car la « chaîne du livre » est aujourd'hui complètement à l'arrêt. Les libraires indépendants, les éditeurs indépendants, les auteurs, mais aussi les grands groupes d'édition sont en danger. À moins que...
Notre président, M. Francis Combes, a écrit, au nom de l'association et des 250 éditeurs indépendants qu'elle représente, une lettre à votre collègue de la Culture, M. Franck Riester, pour lui proposer une mesure très concrète et très simple pour nous aider maintenant et demain : aligner les tarifs postaux du livre sur ceux de la presse, et supprimer la tranche maximale de 3 cm pour l'envoi d'un livre. Cette solution nous permettrait à nous, libraires et éditeurs, de continuer à travailler en vendant les livres par correspondance sans subir de plein fouet la concurrence d'Amazon, qui ne s'est pas gêné pour profiter de la situation (Amazon impose ses diktats aux éditeurs, viole les lois de notre pays, tant en matière sociale que fiscale, ce qui lui a permis d'acquérir une position dominante au détriment de la librairie française).
Savez-vous, monsieur le Ministre, que pour envoyer par La Poste un livre de 250 pages (qui pèse environ 300 g), il en coûte 5,83 € en lettre verte, soit plus d'un quart du prix du livre (sauf à le vendre à un tarif indécent) ? Savez-vous que pour envoyer un livre qui dépasse 3 cm d'épaisseur, il faut le faire par Colissimo, au prix de 7,14 € HT ? Et ces tarifs augmentent chaque année, alors que le prix du livre, lui, est fixe. Savez-vous que ces frais d'envoi ne peuvent pas être répercutés par le libraire sur les lecteurs ? Pensez-vous que nous, éditeurs, puissions prendre à notre charge de telles sommes ? Pensez-vous que les libraires puissent prendre à leur charge de telles sommes ? Non, bien sûr. En tant que ministre de l’Économie et des Finances, vos relations avec La Poste sont étroites. Si vous voulez nous aider, aider la diffusion du livre en France et dans les territoires d'outre-mer, si vous voulez cultiver la bibliodiversité, alors plaidez notre cause auprès de La Poste pour que les tarifs préférentiels, jusque-là réservés à la presse, s'appliquent au secteur du livre.
Il ne s'agit pas seulement de relancer la chaîne du livre, mais aussi de s'assurer de sa pérennité, en tenant compte des besoins réels des petites maisons d'édition (moins de 10 parutions par an), éternelles oubliées du secteur et au chiffre d'affaire trop bas pour bénéficier des aides mises en place. Et quoi de mieux, pour aider les librairies, que de faire en sorte qu'elles puissent proposer à leur clientèle une offre riche et variée, cette bibliodiversité qui garantit l'exception culturelle française dont nous nous enorgueillissons tous ?
Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l'expression de ma considération.
Pascale Goze
Secrétaire générale de l'autre LIVRE, association internationale des éditeurs indépendants.

A la découverte d'Hervé Mestron

Symphonie en psy mineurTous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d'un livre de leur catalogue.

Jeudi 23 avril, nous vous proposons de découvrir Hervé Mestron, dont les éditions Zinédi ont publié le roman Le Temps des râteaux et le recueil de nouvelles Symphonie en psy mineur en octobre 2019.

Romancier et nouvelliste, Hervé Mestron a publié une cinquantaine de livres, de la littérature jeunesse au roman noir, et a écrit également de nombreuses fictions pour France Inter. Musicien de formation, la musique tient une place importante dans son œuvre, car elle est, dit-il, « toujours prête à servir la cause des hommes ».

ISes ouvrages ont été récompensés par de nombreux prix. En 2018, il reçoit le Prix Hors Concours des Lycéens et le Prix Place aux Nouvelles pour Cendres de Marbella (éditions Antidata), ainsi que le Prix Chronos pour Mystérieux voisins (éditions Oskar).

Pour en savoir plus, visitez le site d'Hervé Mestron.

Le Temps des râteaux traite avec humour et tendresse du sentiment de solitude de l'adolescent qui peine à trouver sa place dans le monde réel, de son rapport aux autres et de de la difficulté à communiquer, notamment avec les filles, mais aussi avec sa mère dont la relation est faite d'amour et de non-dits. Un roman qui parle à tous les adolescents, mais aussi aux parents.

Symphonie en psy mineur parle de la réalité qui se cache derrière les fastes du concert et du mal-être des musiciens. Dans ces nouvelles, les musiciens s'allongent sur le divan du psy et nous livrent une symphonie intime et inédite. Parmi elles, nous vous proposons la nouvelle « La Trompette »

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Journée mondiale du livre et du droit d'auteur

L'Unesco a fait du 23 avril la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, depuis 1995. C'est aussi la Fête de la librairie indépendante. Mais à l'origine, il s'agit de la Sant Jordi, fête catalane du livre et de la rose, en hommage à l'écrivain Miguel de Cervantes, inhumé le 23 avril 1616.

Lectrices et lecteurs du monde entier, unissons-nous pour que continue à vivre la lecture et la bibliodiversité, nous en avons besoin plus que jamais !

Le livre, c'est d'abord un auteur, puis la rencontre avec un éditeur pour transformer le texte en livre et le défendre auprès de ses lecteurs... ne les oublions pas, lisons, achetons des livres, imprimés ou numériques, et lisons encore !

Tous les livres des éditions Zinédi sont disponibles en numérique sur le site leslibraires.fr.
La plupart des livres imprimés des éditions Zinédi sont en stock et commandables sur la librairie en ligne de Zinédi.

A la découverte de Pierre Efratas et Gilles Pivard

Tous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d'un livre de leur catalogue.

Les Deux Chants du CygneJeudi 16 avril, nous vous proposons non pas un mais deux auteurs : Pierre Efratas et Gilles Pivard, qui ont co-écrit Les Deux chants du Cygne, paru aux éditions Zinédi le 27 février 2020.

Pierre Efratas, conteur, nouvelliste et romancier a écrit plus de soixante récits – romans, nouvelles et contes – notamment sur le haut Moyen Âge (Vikings, Carolingiens, Anglo-saxons), la chevalerie et les XVIIe et XVIIIe siècles. Son travail a été récompensé par divers prix.
Il est sociétaire de la Société des Auteurs de Normandie et de Poésie et Nouvelles en Normandie.
Parmi ses derniers ouvrages, citons :
Les Chroniques de Maugis (Éditions Noir d'Absinthe, 2019)
Sagas des Neuf Mondes (Flammèche Éditions, 2014, puis réédition augmentée Éditions Noir d'Absinthe, 2019)
Marie Joly (Éditions Orep, 2018)
Sagas des mers grises T.1 (Éditions Noir d'Absinthe, 2018)

Gilles Pivard, professeur des écoles, a été détaché de 2000 à 2007 au service éducatif de la Tapisserie de Bayeux.  Autant dire que cette Tapisserie n’a pas de secret pour lui.
En 2009, il rencontre le professeur de langues, littérature et civilisation scandinaves à l’université de Caen, Jean Renaud, et le romancier Pierre Efratas qui lui proposent de réaliser les dessins d’une broderie longue de vingt mètres racontant la vie du fameux viking fondateur du duché de Normandie. Cette « Tapisserie de Rollon », réalisée par vingt-quatre brodeuses et un brodeur est finalisée en 2011 lors de l’anniversaire de la fondation de la Normandie et exposée à Rouen, Saint-Clair-sur-Epte, Bayeux, au Danemark et en Norvège.
Parmi ses ouvrages récents, citons :
Sur les chemins de l'histoire : la Guerre de Cent Ans en Normandie, avec M. Hourquet et JF. Séhier (Éditions Orep, 2019)
Sur les chemins de l'histoire : Guillaume le Conquérant, avec M. Hourquet et JF. Séhier (Éditions Orep, 2015)
Où est Turold ? (livre jeu, Éditions Orep, 2012)
La Tapisserie de Bayeux en bandes dessinées, avec A. Shelton (Éditions Orep, 2010)

Les deux auteurs ont également co-écrit :
Les Normands débarquent !, co-écrit avec Gilles Pivard (Éditions Orep, 2015).
La Tapisserie de Rollon (Éditions Orep, 2011 - en collaboration avec Jean Renaud, Marie-Catherine Nobécourt et Pierre Bouet)

Les Deux Chants du Cygne offre une version émouvante, intime, mélancolique, tragique, émaillée d’humour et terriblement humaine de la conquête normande de l’Angleterre. Nous vous en proposons deux extraits, deux chants des deux protagonistes :
"Amitié et Fidélité", voix d’Edith au cou de Cygne.
"Le Drame", voix de Wulfnoth Godwinson.

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A la découverte d’Albert Bausil

Le Coq Catalan, prose et poèmes d'Albert Bausil, poète catalanTous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d'un livre de leur catalogue.

Jeudi 9 avril, c'est Albert Bausil qui ouvre le bal. Mais qui est Albert Bausil ?
Jean Cocteau disait de lui : « Albert Bausil était un enfant et jouait aux grandes personnes. Il se donnait de l'assurance par des attitudes et par une sorte d'air de porter un monocle. Mais sous ce costume d'acteur se cachait une âme légère et profonde, un coeur de sang et d'or. »

Les textes d'Albert Bausil sont aujourd'hui quasiment introuvables. Grâce à Jean Edouard Barbe, dont les grands-parents étaient amis d'Albert Bausil, les éditions Zinédi ont pu rééditer Le Matelas de nuages, recueil de poésie, et publier des inédits parus uniquement dans le journal, fondé par Albert Bausil, Le Coq Catalan. Le tout est réuni dans l'ouvrage éponyme Le Coq Catalan, paru en novembre 2015 aux éditions Zinédi.

Comme extrait, nous avons sélectionné En wagon, texte paru dans le journal Le Coq Catalan entre 1927 et 1929.

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Prix de littérature 2020 des Lions de Normandie pour L'Affaire Julie Clain

L'Affaire Julie Clain, roman de Martine Gasnier, prix de littérature 2020 des Lions clubs de NormandieC’est aujourd’hui que devait être remis officiellement le Prix de Littérature 2020 des Lions Club de Normandie à Martine Gasnier pour son roman L’Affaire Julie Clain.Cet événement, compte tenu des circonstances, n’a pas pu avoir lieu et son prix lui sera remis à une date ultérieure. Comme sera sans doute remis à une date ultérieure la présentation des 15 oeuvres primées  à la Convention nationale de Marseille. Les éditions Zinédi tenaient néanmoins à adresser à Martine Gasnier un message d’amitié en ce jour particulier.

Vous pouvez vous procurer le livre en version numérique sur les librairies en ligne quand elles ont un site, sur le site des librairies indépendantes leslibraires.fr, ou sur la librairie des éditions Zinédi. Vous pouvez aussi acheter la version imprimée, mais compte tenu du ralentissement dans tous les secteurs d’activité, les temps d’expédition sont allongés. Si vous habitez Argentan, vous pouvez contacter la libraire Demeyere qui assure des livraisons, de même que la librairie Le goût des mots à Mortagne-au-Perche. La maison de la presse de Carrouges, qui est ouverte tous les matins, offre une grande variété de livres, vous y trouverez L’Affaire Julie Clain.

Lettre aux Français depuis leur futur par l'écrivaine italienne Francesca Melandri

Bonjour, je vous communique ci-dessous le mail reçu de la librairie Le Délit-Justicia à Paris que nous aimons beaucoup, comme quelques autres, car les libraires qui y travaillent aiment les livres, lisent les livres et sont à même de vous donner les bons conseils de lecture.

« Bonjour,
Comme vous le savez, le décret du 15 mars dernier oblige à la fermeture tous les commerces non indispensables, et ce jusqu'au 15 avril a minima.
Le confinement ajouté à cela bouleverse nos vies.
Mais finalement ce n’est pas cher payé pour enrayer la propagation du virus.
Nous ne sommes pas dans un pays en guerre conventionnelle : nous avons toujours de l’eau potable, de l’électricité, de la nourriture et des distractions.
Il nous faut juste respecter des consignes, certes contraignantes, mais bénignes.
Les soignants, dont ma femme infirmière hospitalière, sont touchés par les applaudissements du soir!
Mais tout ce qu’ils nous demandent, c’est de respecter le confinement pour sauver le maximum de vies, et protéger la leur!
Edith Payeux, autrice du sublime Du blé en herbe, au blé en gerbes, nous a transmis le texte de l’écrivaine italienne Francesca Melandri, écrit de Rome, où elle est confinée depuis le 9 mars.
Qu'elle en soit vivement remerciée.
Nous le partageons avec vous.
Prenez bien soin de vous et de vos proches.

Lettre aux Français depuis leur futur
Je vous écris d’Italie, je vous écris donc depuis votre futur. Nous sommes maintenant là où vous serez dans quelques jours. Les courbes de l’épidémie nous montrent embrassés en une danse parallèle dans laquelle nous nous trouvons quelques pas devant vous sur la ligne du temps, tout comme Wuhan l’était par rapport à nous il y a quelques semaines. Nous voyons que vous vous comportez comme nous nous sommes comportés. Vous avez les mêmes discussions que celles que nous avions il y a encore peu de temps, entre ceux qui encore disent «toutes ces histoires pour ce qui est juste un peu plus qu’une grippe», et ceux qui ont déjà compris. D’ici, depuis votre futur, nous savons par exemple que lorsqu’ils vous diront de rester confinés chez vous, d’aucuns citeront Foucault, puis Hobbes. Mais très tôt vous aurez bien autre chose à faire. Avant tout, vous mangerez. Et pas seulement parce que cuisiner est l’une des rares choses que vous pourrez faire. Sur les réseaux sociaux, naîtront des groupes qui feront des propositions sur la manière dont on peut passer le temps utilement et de façon instructive ; vous vous inscrirez à tous, et, après quelques jours, vous n’en pourrez plus. Vous sortirez de vos étagères la Peste de Camus, mais découvrirez que vous n’avez pas vraiment envie de le lire.
Vous mangerez de nouveau.
Vous dormirez mal.
Vous vous interrogerez sur le futur de la démocratie.
Vous aurez une vie sociale irrésistible, entre apéritifs sur des tchats, rendez-vous groupés sur Zoom, dîners sur Skype.

Vous manqueront comme jamais vos enfants adultes, et vous recevrez comme un coup de poing dans l’estomac la pensée que, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté la maison, vous n’avez aucune idée de quand vous les reverrez.
De vieux différends, de vieilles antipathies vous apparaîtront sans importance. Vous téléphonerez pour savoir comment ils vont à des gens que vous aviez juré de ne plus revoir.
Beaucoup de femmes seront frappées dans leur maison.
Vous vous demanderez comment ça se passe pour ceux qui ne peuvent pas rester à la maison, parce qu’ils n’en ont pas, de maison.
Vous vous sentirez vulnérables quand vous sortirez faire des courses dans des rues vides, surtout si vous êtes une femme. Vous vous demanderez si c’est comme ça que s’effondrent les sociétés, si vraiment ça se passe aussi vite, vous vous interdirez d’avoir de telles pensées.

Vous rentrerez chez vous, et vous mangerez. Vous prendrez du poids.
Vous chercherez sur Internet des vidéos de fitness.
Vous rirez, vous rirez beaucoup. Il en sortira un humour noir, sarcastique, à se pendre.
Même ceux qui prennent toujours tout au sérieux auront pleine conscience de l’absurdité de la vie.
Vous donnerez rendez-vous dans les queues organisées hors des magasins, pour rencontrer en personne les amis - mais à distance de sécurité.
Tout ce dont vous n’avez pas besoin vous apparaîtra clairement.
Vous sera révélée avec une évidence absolue la vraie nature des êtres humains qui sont autour de vous : vous aurez autant de confirmations que de surprises.
De grands intellectuels qui jusqu’à hier avaient pontifié sur tout n’auront plus de mots et disparaîtront des médias, certains se réfugieront dans quelques abstractions intelligentes, mais auxquelles fera défaut le moindre souffle d’empathie, si bien que vous arrêterez de les écouter. Des personnes que vous aviez sous-estimées se révéleront au contraire pragmatiques, rassurantes, solides, généreuses, clairvoyantes.
Ceux qui invitent à considérer tout cela comme une occasion de renaissance planétaire vous aideront à élargir la perspective, mais vous embêteront terriblement, aussi : la planète respire à cause de la diminution des émissions de CO2, mais vous, à la fin du mois, comment vous allez payer vos factures de gaz et d’électricité ? Vous ne comprendrez pas si assister à la naissance du monde de demain est une chose grandiose, ou misérable.
Vous ferez de la musique aux balcons. Lorsque vous avez vu les vidéos où nous chantions de l’opéra, vous avez pensé «ah ! les Italiens», mais nous, nous savons que vous aussi vous chanterez la Marseillaise. Et quand vous aussi des fenêtres lancerez à plein tube I Will Survive, nous, nous vous regarderons en acquiesçant, comme depuis Wuhan, où ils chantaient sur les balcons en février, ils nous ont regardés.

Beaucoup s’endormiront en pensant que la première chose qu’ils feront dès qu’ils sortiront, sera de divorcer. Plein d’enfants seront conçus.
Vos enfants suivront les cours en ligne, seront insupportables, vous donneront de la joie. Les aînés vous désobéiront, comme des adolescents ; vous devrez vous disputer pour éviter qu’ils n’aillent dehors, attrapent le virus et meurent. Vous essaierez de ne pas penser à ceux qui, dans les hôpitaux, meurent dans la solitude. Vous aurez envie de lancer des pétales de rose au personnel médical.
On vous dira à quel point la société est unie dans un effort commun, et que vous êtes tous sur le même bateau. Ce sera vrai. Cette expérience changera à jamais votre perception d’individus. L’appartenance de classe fera quand même une très grande différence. Etre enfermé dans une maison avec terrasse et jardin ou dans un immeuble populaire surpeuplé : non, ce n’est pas la même chose. Et ce ne sera pas la même que de pouvoir travailler à la maison ou voir son travail se perdre. Ce bateau sur lequel vous serez ensemble pour vaincre l’épidémie ne semblera guère être la même chose pour tous, parce que ça ne l’est pas et ne l’a jamais été.

A un certain moment, vous vous rendrez compte que c’est vraiment dur.
Vous aurez peur. Vous en parlerez à ceux qui vous sont chers, ou alors vous garderez l’angoisse en vous, afin qu’ils ne la portent pas. Vous mangerez de nouveau.
Voilà ce que nous vous disons d’Italie sur votre futur. Mais c’est une prophétie de petit, de très petit cabotage : quelques jours à peine. Si nous tournons le regard vers le futur lointain, celui qui vous est inconnu et nous est inconnu, alors nous ne pouvons vous dire qu’une seule chose : lorsque tout sera fini, le monde ne sera plus ce qu’il était.
Francesca Melandri traduit de l’italien par Robert Maggiori

Librairie Du Délit - Justicia
DOOLITTLE SARL
362 ter rue de Vaugirard - 75015 PARIS
Tel + 33 1 48 56 89 89

 

Le Prix normand Lions de Littérature 2020 à Martine Gasnier

Le Comité de Sélection du Prix Normand Lions de Littérature a présenté la participation des Clubs normands et proclamé les résultats des votes des lecteurs. C’est le roman L’Affaire Julie Clain de Martine Gasnier qui a remporté le Prix Normand Lions de Littérature 2020. L’originalité de ce concours réside dans le fait que ce sont les lecteurs qui forment le jury à raison d’une voix par lecteur.
Le Prix sera remis officiellement à Martine Gasnier le samedi 28 mars, lors du Congrès du District Normandie à Argentan.

Les 15 œuvres littéraires primées dans chaque District seront présentées lors de la Convention nationale de Marseille le 23 mai, sur le stand de la Commission Humanisme et concourront pour le Prix national Lions de Littérature 2020. L’Affaire Julie Clain représentera le District de Normandie dans cette compétition nationale.

 

Parution du roman Les Deux Chants du Cygne

Les Deux Chants du CygneLes éditions Zinédi publient le nouveau roman de Pierre Efratas et Gilles Pivard : Les Deux Chant du Cygne - Le Livre secret de la conquête de l’Angleterre. Sortie en librairie le 27 février 2020.
En stock chez l’éditeur, vendu sans frais de port, expédié sous 24 heures, cliquez ici.

Érudition, humour, poésie, romantisme, tragédie, mélancolie, sont les maîtres mots de ce roman qui nous entraîne dans l’intimité des personnages historiques à l’époque de la conquête de l’Angleterre.

Edith au cou de Cygne, grand amour de Harold, roi éphémère de l’Angleterre, fait broder secrètement une toile racontant sa vie, ses amitiés, son courage, sa fidélité, ses trahisons et la terrible défaite de Hastings. De son côté, Wulfnoth, jeune frère de Harold, otage de Guillaume, nous raconte sa vie d’enfant captif, la férocité du Conquérant et nous révèle sa passion cachée pour la reine Mathilde.
Et voici que par ces deux chroniques en regard, pareilles au chant ultime d’un Cygne répondant à l’autre, vous découvrirez un récit de la conquête normande aussi émouvant qu’éloigné des clichés.

Respectivement romancier et conteur de scène et de rue et spécialiste de la Tapisserie de Bayeux et du patrimoine normand, Pierre Efratas et Gilles Pivard ont le plaisir de se retrouver pour ce nouveau roman écrit à quatre mains.

 

Chronique d'une grève interminable

Je ne savais pas que les grèves du 5 décembre allaient avoir un tel effet sur ma vie, qu’elles me prendraient en otage et me mettraient le moral dans les chaussettes. Les stations fermées de Porte de Bagnolet, Gambetta, Pelleport, Saint-Fargeau et Porte de Lilas me procuraient le sentiment étrange de vivre une sale époque avec son lot de mutations imprévisibles et de violences urbaines. Le pays me donnait de plus en plus l’impression d’être un vieil avion piloté par des fous dangereux qui le poussaient sciemment dans une zone de grandes turbulences histoire de le précipiter dans les abysses du chaos. Semaine après semaine, le mouvement durcissait, chacun campait sur ses positions, et un éventuel retour à l’état qu’on qualifiait de normal relevait désormais du miracle.
Privé du métro, mon unique moyen de transport à Paris, je ne savais plus que faire de mon passe Navigo senior 5 zones. Quelques bus de la RATP roulaient encore, mais ils étaient tellement bondés, et sentaient à ce point toute la misère humaine qu’on leur préférait la marche à pied, même si on avait une dizaine de kilomètres à parcourir sous un ciel lourd et menaçant. Quand on me demandait comment je me débrouillais avec ces grèves, je répondais, non sans une flagrante ironie, que je n’avais aucun problème pour me déplacer, que le ciel était toujours bleu et que les oiseaux chantaient l’Internationale dans les bosquets. Je poursuivais en affirmant que marcher, galérer des heures durant sur les trottoirs noirs de monde ou attendre sur les quais du métro, tout cela n’était pas pour moi. Dans un élan de générosité syndicale, le camarade Martinez, Philippe pour les intimes, de la CGT, m’avait fait cadeau de deux poils de sa moustache. Dès que je les frottais l’un contre l’autre, je trouvais devant moi les ailes déployées, immenses et puissantes, de Simorgh, l’oiseau des contes merveilleux de mon Orient si peu glorieux par les temps qui courent. Je n’avais alors qu’à formuler mon vœu et je me trouvais à destination en un clin d’œil.
Au fil des jours et des semaines, la situation empirait, s’envenimait. Les cégétistes proféraient la menace à peine voilée de lancer une grève générale, qui reviendrait à la paralysie totale des infrastructures du pays. Ils avaient d’ailleurs entamé des opérations coup de poing en coupant l’électricité sur certains quartiers et en bloquant l’accès des raffineries. Le dialogue social n’avait jamais été le point fort des syndicats français, en particulier lorsque la CGT menait la danse. Quant aux gouvernements qui se succédaient, c’était bonnet blanc et blanc bonnet. Macérant dans la sauce de l’inanité, ils pratiquaient tous le même laxisme et jouaient la carte du pourrissement.
Dans mon entourage, certains jubilaient à la vue des moustaches de Philippe Martinez à la télé ou en tête des manifestations. Le soir, ils faisaient de beaux rêves pleins de slogans appelant à la reconduite et même à la pérennisation de la grève. D’autres, comme moi, faisaient des cauchemars toutes les nuits et pourtant, beaucoup des revendications syndicales étaient justes et mettraient un peu de beurre dans mes épinards de retraité déclassé. Selon moi, c’était une question de principe et la fin ne devait en aucun cas justifier les moyens. Je n’aimais pas qu’on nous prenne, qu’on me prenne, en otage dans une ville où je ne pouvais plus bouger, une ville que je commençais à détester, et moi-même avec.
Chaque soir, vautré sur mon canapé, la télécommande à la main, je me plaçais devant les chaînes d’information en continu et assistais alors à l’hystérie collective, la débandade du bon sens. Les intervenants donnaient l’impression de débattre avec courtoisie sur la retraite, le régime universel, l’âge pivot, le pourcentage des grévistes, mais c’était de la poudre aux yeux, un dialogue de sourds. Briefé en amont par les spécialistes de leur camp, chacun ergotait, débitant le même discours et se bouchant les oreilles aux arguments et statistiques du camp opposé. Les faux débats étaient assez régulièrement interrompus par la niaiserie de spots publicitaires mensongers ventant les qualité des voitures françaises, des mutuelles parmi les plus avantageuses et des barres chocolatées. Ce qui m’intéressait, c’était les prévisions du trafic de la RATP et elles restaient chaque soir presque inchangées. Les deux lignes automatiques, la 1 et la 14, fonctionnaient normalement, mais, munie de bâtons de fumigène, la CGT faisait sporadiquement des raids sur les quais dans l’intention de les bloquer aussi. Certaines lignes fonctionnaient, mais mal, très mal, et uniquement aux heures de pointe. Celles de mon quartier restaient hermétiquement closes, cadenassées, verrouillées.
 Au réveillon de Noël, je me suis ennuyé chez moi comme un rat mort. Pour la Saint-Sylvestre, j’ai été sauvé par un ami habitant tout près de la place Édith Piaf, la chanteuse qui voulait voir le monde en rose et qui avait passé sa vie à encaisser les coups bas des hommes. Nous étions sept autour d’une jolie table ronde couverte d’une nappe rouge à nous régaler d’un couscous boulettes, agneau et merguez préparé par un Séfarade natif de Bab-el-Oued et sa femme ashkénaze. Comme il fallait s’y attendre, la conversation a longuement roulé sur le bras de fer entre les syndicats et le gouvernement. Ce qui m’a le plus surpris, c’est que tout le monde semblait approuver les revendications,  et même les méthodes que je trouvais si peu démocratiques des grévistes. On reprochait au gouvernement de vivre dans une bulle et de fermer les yeux devant le spectacle de la détresse grandissante de la population.
Quand ce fut mon tour de donner mon avis, je me suis d’abord plaint de me sentir pris en otage, et puis il y avait là quelque chose que je ne comprenais pas. Quand on élisait un candidat à la présidence de la République, on élisait avec lui son programme politique et social. A ma connaissance, on savait d’où venait le président actuel et où il voulait en venir avec sa suffisance. On devait malgré tout lui laisser la possibilité d’aller jusqu’au bout de son mandat, sans lui mettre continuellement des bâtons dans les roues. Si l’on n’était pas content de lui, on pouvait l’éjecter lors des prochaines élections présidentielles. L’Oriental qui sommeillait en moi s’était réveillé avec le vin rouge et le champagne. J’ai conclu alors avec une parabole à la fois acerbe et croustillante.
« Quand le bon Dieu a créé le monde, les Anglais, les Allemands, les Espagnols et les Italiens ont demandé à le voir. Omniscient, le bon Dieu savait la raison de leur mécontentement, mais il a joué le jeu. Alors chaque nation a dit dans sa langue que ce n’était pas juste que le bon Dieu ait tout donné à la France en la créant comme un paradis sur terre, ce qui n’était pas le cas pour leur pays respectif. Il l’avait dotée du mont Blanc, la plus haute montagne en Europe, de la Côte d’Azur, des Champs-Élysées, la plus belle avenue au monde et bien sûr de la tour Eiffel, qui attirait chaque année des millions de visiteurs.
« Tout en les écoutant, le bon Dieu caressait la pointe de sa longue barbe blanche et souriait sous cape. Puis, sa sentence est tombée : “Je comprends votre requête, vous les Anglais, les Allemands, les Espagnols et les Italiens. Mais attendez un peu, car je n’ai pas encore créé les Français… et leurs grèves.” »  
Fawaz Hussain

Fawaz Hussain est l’auteur de plusieurs romans dont Les Sables de Mésopotamie (Seuil-Points 2016), Le Rêveur des bords du Tigre (les Escales, 2017) Le Syrien du septième étage (le Serpent à Plumes, 2018) et Le Kurde qui regardait passer les nuages (Zinédi, 2019).

 

Rentrée littéraire 2019 chez Zinédi

Hasard du calendrier, question de circonstances, les éditions Zinédi ont dû attendre cet été pour publier ces magnifiques nouveaux textes. Puissent nos livres avoir un peu de visibilité dans ce grand bazar qu’on appelle la rentrée littéraire et qui a la fâcheuse tendance à éclairer encore plus ceux qui captent déjà toute la lumière. Il ne tient qu’à vous, amis lecteurs, de vous emparer de nos livres et d’en parler autour de vous à toute occasion, car ce ne sont pas les grands médias nationaux qui le feront, nos services de presse se transformant aussi vite en "état neuf", "presque neuf" sur les plates-formes de vente en ligne, au détriment des auteurs et des éditeurs puisque ces livres n’ont même pas été achetés une fois.

Voici donc dans l’ordre de parution les titres qui peuvent être commandés chez tout libraire physique ou en ligne ou précommandés :
Nous, les gosses - Un quartier de Paris sous l’Occupation, roman de Claude Sarrassat (11 juiillet)
La Boussole d’Einstein, roman de Gilles Vidal (4 août)
Le Dernier Courbet, roman de Joëlle Tiano-Moussafir (22 août)
Pour que justice soit faite, roman d’Alexis Ruset (5 septembre)
Brûler le Louvre, nouvelles de Didier Goupil (10 septembre)
Itinéraire d’un révolté, roman de Martine Gasnier (19 septembre)
Antigone conduisait mal, roman d’André Fanet (24 septembre)
Le Kurde qui regardait passer les nuages, roman de Fawaz Hussain (26 septembre)
Symphonie en psy mineur, nouvelles d’Hervé Mestron (10 octobre)

Tous nos livres existent également en version numérique et sont en vente ou précommande sur les sites des libraires et les paltes-formes de vente.

La rentrée chez Zinédi, c’est aussi le lancement de la collection Textures, dirigée par Gilles Vidal.

Bonne découverte !

Code Victoria Prix Découverte 2019 des Mines Noires

Dimanche 10 février 2019, Thomas Laurent s'est vu décerner le Prix Découverte 2019 des Mines Noires pour son roman Code Victoria au salon du polar de Noeux-les-Mines, parrainé par Henri Loevenbruck.

Thomas Laurent au salon du polar les Mines Noires

L'intégrale des chroniques des prophéties oubliées

À partir du 1er novembre 2018, l’intégrale des Chroniques des prophéties oubliées de Bertrand Crapez sera disponible en version numérique, les trois tomes de la trilogie enfin réunis : L’Héritier du roi Arthur, L’Héritier de l’Atlantide, L’Héritier d’Asgard, tous disponibles en version imprimée et en version numérique.

Un plan Art et Essai pour le livre

Dans une lettre adressée à la ministre de la Culture et publiée sur le site du Monde Diplomatique, Guillaume Basquin, co-fondateur des éditions Tinbad, propose un plan "Art et Essai" pour préserver l’édition indépendante et, par là même, la bibliodiversité :

« C’est en effet en se basant sur ce qui s’est pratiqué depuis l’après-guerre dans le cinéma en France, avec le succès que l’on sait (la France est devenue l’abri pour tout le cinéma de recherche mondial et a réussi à imposer la notion d’exception culturelle), que l’on pourra tenter de sauver la Littérature de recherche française : imposition de quotas aux librairies qui bénéficient de subventions publiques avec un label bien identifiable. Des Tartuffes rétorqueront que c’est déjà le cas avec le label LIR (pour Librairie de Référence)… Quelle blague ! On y voit ici le dernier Dan Brown, l’auteur de Da Vinci Code ; là les livres « politiques » de la dernière campagne présidentielle… Sans quotas drastiques, c’est toujours la main aveugle du marché (et des lecteurs qui risquent de ne connaître que les produits soutenus par le marché) qui dicte sa voix. Rien à faire ?… Si ! Comme dans le cinéma, où il est de notoriété publique que les salles « art & essai » n’ont pas accès aux gros films ni même aux « films du milieu », il faut, sous peine de perte des subventions d’État, qu’un lecteur qui entrera dans une librairie de type « Art & Essai » soit sûr de n’y pas trouver les mêmes livres qu’ailleurs ! Solution utopique ? communiste ? fouriériste ? Mais dans le cinéma, c’est ce qui est appliqué toutes les semaines, et depuis des dizaines d’années : avec en plus une taxe sur le prix des billets, qui permet que les gros films contribuent au financement des petits, etc. Qui se plaindrait de ce cercle vertueux ?

Dès les années 1930, les grand studios hollywoodiens mettent en place un contrôle vertical de leurs productions : ils achètent ou construisent des centaines de salles pour montrer exclusivement leurs propres films. Pensez-vous une seconde qu’un John Cassavetes ou qu’une Shirley Clarke aurait pu trouver de la place avec un tel système ? Un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, dit « United States versus Paramount Pictures » (1948), y mit fin. Le voici synthétisé par Wikipédia : « La cour estima en effet que les pratiques des studios, qui détenaient leurs propres circuits de distribution, leurs propres chaînes de cinéma et négociaient des droits d’exploitation exclusifs, étaient en violation des lois interdisant certaines formes de restrictions verticales. Pour le droit de la concurrence, cette décision fit jurisprudence pour les cas ultérieurs de contestation des formes d’intégration verticale. »

Vacances estivales

Les éditions Zinedi seront fermées du 7 au 14 juillet. Profitez des vacances pour lire, rire, écrire...