A la découverte de Fawaz Hussain

Le Kurde qui regardait passer les nuagesTous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d’un livre de leur catalogue.

Jeudi 9 mai, nous vous proposons de découvrir Fawaz Hussain, dont les éditions Zinédi ont publié le roman Le Kurde qui regardait les nuages en septembre 2019 dans la collection Textures, dirigée par Gilles Vidal.

Fawaz Hussain est né en 1953 à Amouda, près d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie dans une famille kurde. Après une licence de Lettres obtenue à l’université d’Alep, il vient à Paris poursuivre ses études et obtient un doctorat de Lettres modernes à la Sorbonne. Il enseignera le français en France, puis en Suède et de nouveau en France où il réside.
Romancier et traducteur, ses langues d’écriture sont le français et le kurde, il a notamment traduit Le Petit Prince de Saint-Exupéry et L’Étranger de Camus en kurde. Il a également participé à l'élaboration d’un dictionnaire kurde-français, le seul qui existe, publié par l’Institut kurde de Paris et élaboré une anthologie en kurde de la littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles, publiée en Suède aux éditions Apec. Parmi ses ouvrages, citons : Les Sables de Mésopotamie (Le Rocher / Point Seuil), récit d’une enfance kurde, Prof dans une ZEP ordinaire (Le Rocher /Le Serpent à Plumes) qui raconte avec humour le quotidien d’un jeune prof d’origine kurde dans un lycée de Seine-saint-Denis, Orages pèlerins (Le Serpent à Plumes) dans lequel quatre Kurdes tentent l’aventure de l’exil, Le Rêveur des bords du Tigre (Les Escales, 2017), une fable poétique et tragique où le réel et le fantastique s’entremêlent, Le Syrien du septième étage (Le Serpent à Plumes, 2018), un hommage rendu aux petites gens.

Le Kurde qui regardait passer les nuages est la rêverie d’un promeneur solitaire.

Au détour d’une rue de Paris, d’un café, d’un rendez-vous chez le médecin, Fawaz Hussain entraîne le lecteur sur les chemins de la mémoire. À cœur ouvert.
Fawaz Hussain continue avec ce livre de raconter son parcours de déraciné, parsemé à la fois de belles fleurs et d’orties. Ici, tout en nous narrant ses petits problèmes du quotidien et ceux de Kurdes de sa connaissance cherchant à s’intégrer, la nostalgie de sa jeunesse et son non-pays perdu, il ouvre son cœur, et nous dévoile l’objet d’un amour qu’il a toujours au fond des tripes et qu’il aimerait pouvoir retrouver tout en sachant que c’est impossible, que l’on ne peut pas revenir en arrière : Magalie Tenenbaum, une artiste juive torturée qui peint inlassablement des baraquements oblongs de camps de concentration tombant du ciel à n’en plus finir, de toile en toile.

L’écriture de Fawaz Hussain est incisive, directe quand il parle du malheur kurde, de l’exil, elle se fait douce et poétique quand s’ouvre le coeur de l’amoureux.

Extrait de "Le Kurde qui regardait passer les nuages", paru aux éditions Zinédi

En sortant du bâtiment Babinski, il pleuvait. Disons les choses telles qu’elles étaient : la pluie, la neige, le vent, les nuages qui passaient, la nuit qui tombait, le jour que se levait… bref, tout me ramenait à Magalie. Et même quand il ne se passait rien du tout, ce « rien du tout » me jetait à ses pieds. Son départ inopiné avait transformé ma vie en un immense désert dont la superficie dépassait celui du Sahara et du Gobi réunis. Pour ne pas ressasser mes déboires avec elle, je me suis remis à penser à Azad.

En Syrie, en 1962, les autorités de Damas avaient lancé un recensement particulier de la population dans notre province du Bec du Canard. Selon elles, des Kurdes de Turquie, d’Irak et même d’Iran, avaient illégalement franchi la frontière pour s’établir sur le sol arabe et syrien. Les frontières du pays, et de toute la région, avaient été tracées par les Anglais et les Français mandataires à la fin de la Première Guerre mondiale, qui marquait aussi la chute de l’Empire ottoman. La toute jeune république syrienne cherchait à gommer l’histoire multiple de ce creuset de cultures et de langues, oubliant que la région se trouvait sur la Route de la soie. Toutes les armées étaient passées par là, en longeant les montagnes de l’Anti-Taurus. Les résultats de ce recensement particulier furent annoncés en avril 1966. Décomptés comme étrangers, 120 000 hommes et femmes s’étaient trouvés privés de leurs droits civiques du jour au lendemain. Devenus apatrides sur le sol où ils étaient nés, ils allaient végéter, brouter l’herbe de la misère et de la privation. On leur avait retiré la carte d’identité syrienne et remis un bout de papier les reconnaissant comme des apatrides, des intrus, des étrangers. Le pire, c’est qu’on ne les expulsait ni vers la Turquie, ni vers l’Irak, ni vers l’Iran. Les Berwari, dont le nom kurde signifie « les sans feu ni lieu », s’étaient donc trouvés dans cette catégorie. Contrebandier connu de tous les habitants d’Amoudabad, le père d’Azad bravait les barbelés et les mines de la frontière dans les nuits sans lune. Il partait avec des mules chargées de thé noir de Ceylan, du café, des tissus d’Alep et des chaussures de Damas et redescendait avec du tabac blond, des tapis kurdes et persans, du miel, et parfois des armes de poing, des pistolets légers prisés par mon père et mes oncles.

En quittant la Syrie légalement pour poursuivre mes études supérieures de Lettres modernes à Paris, je ne m’attendais pas à retrouver mon concitoyen quelques années plus tard sur les mêmes bancs de la Sorbonne. Après sa licence de droit obtenue à Damas, il s’était rendu au Liban, la plaque tournante de tous les demandeurs d’asile à l’époque. Muni d’un faux passeport marocain, il avait débarqué un jour d’automne porte d’Orléans avec d’autres Kurdes et leur passeur. Connaissant bien les traités internationaux concernant le droit à l’asile, il avait présenté un solide dossier à l’OFPRA, l’Office français pour les réfugiés et les apatrides. Sa demande avait été étudiée et acceptée en un temps record, surtout en raison des éclats de mine dans sa jambe et grâce au minable document attestant qu’il était apatride dans un pays où lui et ses parents avaient vu le jour.

Privé toute sa vie de documents d’identité, de statut social, Azad Berwari avait la rage de gommer son passé fait d’humiliation. Il s’était inscrit à Paris-Panthéon pour une maîtrise de droit et avait déposé, peu de temps après son titre de voyage, une demande de nationalité française.

Un jour que je me trouvais à proximité du jardin du Luxembourg, il vint vers moi dans son costume-cravate, une cigarette entre les dents. Il avait la manie d’en mâchonner le filtre avec hargne comme s’il en voulait au monde entier de l’avoir si mal traité durant les vingt-cinq premières années de sa vie en Syrie. Les cheveux déjà tout blancs, il m’invita tout de go à prendre un verre. Au comptoir, lorsque le garçon eut déposé deux cafés devant nous, Azad sortit de la poche intérieure de sa veste une carte d’identité et un passeport.

À l’époque, je peinais à proroger la validité de ma carte de séjour. Tous les six mois, je me plantais devant le portail de la préfecture de police à la Cité. C’était vraiment la galère, surtout quand il faisait froid et qu’on voyait les touristes du monde entier se promener librement et se faire photographier devant les fers forgés du Palais de Justice et la flèche de la Sainte-Chapelle.

Azad a grillé une autre cigarette tandis qu’une étrange lueur faisait briller ses yeux comme deux olives noires en plein soleil de Mésopotamie. Les projets devaient se bousculer dans sa tête. Sa vengeance contre la malchance et le temps des assassins était un plat qui se mangeait froid.

De retour chez moi, après le centre de santé, rue des Pyrénées, et l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, je me suis installé devant mon ordinateur et sa messagerie vide. J’ai commencé à écrire, à faire le geste qui sauve. J’allais garder tout cela pour moi car ma lettre n’eût servi à rien et puis, j’avais ma fierté, nom de Dieu !

Malgré la distance, pour le moins vertigineuse, qui nous sépare désormais, je parviens à te garder auprès de moi, contre mon épiderme, une pelote de soie tendrement posée sur la poitrine, un moineau confiant dans le creux de ma main, une passion ardente dans le tréfonds de mon âme. Élisant domicile fixe dans ton nom, je me blottis dans la douceur de ses consonnes, je m’étire, comme un chat aboulique dans la mélodie de ses voyelles.

Avant de t’en aller, tu m’as dit : « Le temps et la patience sont les meilleurs amis. » Depuis, je m’accroche à tes lèvres, un naufragé rivé à sa bouée de sauvetage. Tes mots sont désormais ma devise, ma terre promise, mon rêve d’un bonheur peut-être possible. Quand la superficie de la blessure couvre celle du corps, je supplie le Temps et la Patience de me déposer un moineau confiant dans le creux de ta main, un amour, même infime, dans les plis de ton âme.

La deuxième fois que je me rendis à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pour ma migraine chronique, je ne repassai pas par la réception : j’avais gravé l’itinéraire et le plan de la petite ville dans ma tête. Sur les trottoirs, devant les pavillons, des hommes et des femmes fumaient ou prenaient tout simplement l’air. Les yeux rivés sur leur portable, des filles tapotaient des deux pouces à une vitesse vertigineuse. Je me suis demandé ce qu’elles pouvaient rédiger, peut-être des messages d’amour, des annonces de rupture, des rendez-vous. La vie continuait son cours sans demander son avis à personne.

Quand mon tour est arrivé, le docteur Babo Bougival a lu la lettre de recommandation de mon médecin traitant en une fraction de seconde. Il a lui aussi examiné mes narines, ma gorge, mes oreilles, non, je n’avais pas d’infection. Pour en avoir le cœur net, il m’a envoyé passer un test auditif complet, juste en face du secrétariat. Une belle Russe, nerveuse et autoritaire, s’est enfermée avec moi dans un local insonorisé bourré de claviers et d’écrans. Elle a planté une sorte de manette entre mes doigts et m’a demandé d’appuyer sur le bouton chaque fois que j’entendrais un bip émis à intervalles irréguliers. De toute évidence, le son deviendrait de plus en plus ténu. Son accent m’a rappelé ma voisine du premier, une femme de Saint-Pétersbourg qui vivait avec sa fille. À leur arrivée dans le quartier et l’immeuble, sa fille était un bébé dans une poussette et la voilà qui s’apprêtait à intégrer le collège à la fin de l’année scolaire.

À la fin du test, qui avait duré une dizaine de minutes, la Russe me remit deux copies de l’audiogramme. Elle parlait vite pour cacher son accent, mais on ne se débarrasse pas si facilement d’un accent, surtout venu de la grande Russie, le pays de Dostoïevski et de Pouchkine.

Je n’avais pas encore quitté la cabine qu’elle dégainait son portable, quant à sa Kalachnikov, c’étaient ses deux yeux bleus qui dévoraient son visage au teint très clair et ne cessaient de tirer à bout portant. Oubliant parfaitement ma présence, elle esquissa un grand sourire de satisfaction à la lecture d’un message qu’elle avait reçu pendant le test qu’elle me faisait subir. Je la comprenais, elle avait tout simplement plus de chance que moi sur le plan sentimental, et certainement sexuel. Elle devait avoir la moitié des chefs de service de l’hôpital à ses pieds comme de gentils toutous, même mon docteur, Babo Bougival. Les ancêtres de Magalie, les Tenenbaum, venaient de cette Russie, tsariste.

En vraie pile électrique, le docteur a jeté un coup d’œil ultrarapide à mon dossier puis il m’a tourné le dos. Il a griffonné quelques mots à la main sur un papier à en-tête : il nous fallait des analyses plus approfondies. Je devais descendre au premier sous-sol et prendre un rendez-vous pour une IRM de mes deux oreilles. Je devais ensuite retourner le voir, le jour même des résultats, ou le lendemain, il n’y avait pas le feu au lac, mon cas ne lui semblait pas bien grave. Il a continué, comme s’il pensait à voix haute, que le délai à la Salpêtrière ne dépassait heureusement pas un mois. Dans d’autres centres, on attendait beaucoup plus, une éternité ! La population de Paris ne cessait d’augmenter à une allure folle et on manquait de moyens pour soigner correctement tout le monde. Je n’étais pas encore sorti qu’il faisait entrer le patient suivant, toujours en s’agitant dans tous les sens.

De lourds nuages noirs parcouraient le ciel du mois de février. Puis, un vent glacial se mit à souffler aux carrefours, ce qui m’a obligé à boutonner mon manteau et à remettre ma capuche. Depuis mes maux de tête récurrents, j’étais devenu frileux. Comme je me dirigeais vers la sortie principale de la Pitié-Salpêtrière, l’atmosphère de l’hôpital m’a encore arraché à Magalie. Elle m’a ramené à Azad Berwari et à sa jambe criblée d’éclats d’une mine turque certainement fabriquée en Allemagne.

Nous n’étions jamais devenus de vrais amis, mais entre Kurdes de la même région, nous nous voyions au moins une fois par an, lors des célébrations de la fête de Newrouz, le nouvel an kurde qui correspond au 21 mars, le premier jour du printemps. Nous nous étions revus à de rares occasions lors de quelques mariages kurdes, jamais dans des réunions politiques, dont je n’étais pas plus friand que lui.

Azad et moi n’étions pas du même bord. Lui cherchait à accumuler les noms de batailles gagnées contre son passé fait d’humiliations et de privations, moi je cherchais les belles-lettres, je voulais faire le travail de mémoire, mais le monde de l’édition était sans pitié.

Azad n’avait pas perdu son temps comme moi, loin de là, il brûlait vraiment la chandelle par les deux bouts, il progressait sur un terrain plus sûr. Pendant la première année de ses études, il avait travaillé comme veilleur de nuit dans les hôtels des quartiers populaires ou à proximité des gares. On n’avait pas besoin de s’exprimer comme Victor Hugo ou Proust pour prendre quelques réservations, donner les clés aux clients et préparer le petit-déjeuner avant l’arrivée du patron qui supervisait tout, en particulier le ménage dans les chambres. La deuxième année, quand son français s’était affermi, surtout son vocabulaire juridique, il avait réussi à décrocher le titre d’interprète assermenté auprès du Palais de Justice, ce qu’on m’avait refusé les deux fois où je m’étais présenté. Dès la fin de ses études et après avoir décroché un master en droit, il avait ouvert un cabinet en rez-de-chaussée dans le quartier de Saint-Denis, le point de rencontre de tous les demandeurs d’asile venus du Moyen-Orient.

Avant même d’être inscrit comme avocat au barreau de Paris, il avait fait venir ses frères l’un après l’autre et défendu leurs dossiers pour l’obtention du statut de réfugiés politiques auprès de l’OFPRA. Voyant bien que ses frères n’étaient pas portés sur les études comme lui, il les avait orientés vers les métiers du bâtiment, qui permettent de « limer l’or » comme on dit en kurde. En quelques années, chacun avait sa propre société et employait une demi-douzaine de Kurdes de Turquie fuyant la drôle de guerre déclarée depuis 1984 entre la guérilla kurde du PKK et l’armée turque. Ce conflit avait fait 60 000 morts du côté kurde et avait laissé dans un paysage sinistré 4 000 villages fantômes. Des millions de paysans et de montagnards avaient cherché refuge dans les villes turques à l’ouest et en Europe. Le Kurdistan de Turquie se vidait de son sang, et l’arrivée d’Erdogan comme Premier ministre, puis comme président de la République, n’allait qu’aggraver la situation.

Un jour, en été, Azad m’avait donné rendez-vous place de la Bastille. À la terrasse d’un café, il a commandé deux bières pression et des cacahuètes. Comme à son habitude, il fumait, toujours avec sa manie de mâchouiller le filtre de sa cigarette entre ses dents. Il m’avait parlé de ses parents restés au pays. Il n’avait pas réussi à convaincre son vieux père et sa mère à venir eux aussi s’installer en France. Toutefois, ils ne manquaient de rien à présent, son père avait abandonné depuis longtemps la contrebande, devenue d’ailleurs impossible avec tous les militaires turcs en patrouille permanente tout le long de la frontière syrienne.

Azad, qui aurait pu se marier avec une de ses consœurs françaises, avait néanmoins préféré la sécurité en épousant une Kurde, mais de l’autre côté de la frontière, du Kurdistan de Turquie. Je devrais d’ailleurs passer faire la connaissance de sa famille et voir son pavillon.

Azad tenait à me déposer devant chez moi. S’arrêtant devant un  4 × 4 Mercedes noir flambant neuf il a appuyé sur la télécommande et désactivé l’alarme. La grosse voiture s’est mise à clignoter de tous côtés comme pour nous exprimer son contentement qu’on eût misé sur la qualité et la fiabilité allemandes. Nous avons glissé dans un chuintement très agréable sur la chaussée parisienne en direction du 20e arrondissement. J’avais honte de moi, de vivre toujours dans un quartier populaire à la périphérie de la capitale, d’habiter un petit appartement de location, une HLM par-dessus le marché. Pour penser à autre chose, j’avais demandé à Azad pourquoi il n’essayait pas d’arrêter la cigarette comme tout le monde. L’espace pour les fumeurs devenait de plus en plus restreint. Il m’a répondu qu’il avait commencé à fumer à l’âge de six ans, d’ailleurs tous les membres de sa famille fumaient. Cela m’a remis en mémoire que son père était un fameux contrebandier respecté de tous les anciens. Il y avait toujours du tabac qui traînait à la maison en attendant d’être livré en lots d’un kilo à des clients. La nicotine s’était insinuée dans le moindre recoin de son corps, dans sa moindre goutte de sang. Chaque fois qu’il grillait une cigarette, il pensait à la bonté et à la générosité de son géniteur. Il aurait bien aimé l’avoir avec lui dans son pavillon, mais le vieux ne se plaisait que dans la ville où il était né. Il disait en riant que ce n’était pas à son âge qu’on se mettait à apprendre des langues étrangères.

En chemin, le téléphone s’est mis à sonner dans l’habitacle de la Mercedes. Azad a appuyé sur un bouton incrusté dans le volant déclenchant ainsi l’option qui lui permettait d’écouter et de parler comme s’il s’adressait à quelqu’un assis sur le siège avant. Au bout du fil, un Kurde de Turquie se montrait impatient pour ses papiers. Il avait déboursé une grosse somme d’argent, et Azad devait remuer ciel et terre pour accélérer la procédure auprès de l’OFPRA et obtenir pour lui le statut de réfugié politique. S’exprimant mal en kurde, l’interlocuteur avait besoin de se déplacer librement entre la France et la Turquie pour faire prospérer son commerce de vêtements en cuir. Azad lui a promis de le rappeler dans le quart d’heure, le temps de déposer un ami devant chez lui. Dix minutes après, j’étais en face de mon immeuble HLM, devant ma misère économique, dans mon quartier pourri à la périphérie de la capitale.

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écrivain traducteur kurde fawaz hussain

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