Marie-France de Monneron

Mf de monneron 1« Il en va des noms comme des tables à rallonges. Le mien, c’est Marie France de Monneron. Une fée nourricière autrichienne me rebaptisa d’un surnom doux comme une couette : Poupy.
Voilà, vous savez tout !
J’allais oublier les belles histoires des tombeaux mérovingiens découverts avec le pendule de ma grand-mère à l’âge où les petites filles jouent à la poupée, de l’apprentissage du chant, des claquettes et du flamenco qui me mènera à danser Carmen à l’Opéra de Troyes… Mais j’ai préféré l’étude des pierres précieuses à l’Institut national de gemmologie. Je n’y ai pas déniché la pierre philosophale mais appris la beauté des couleurs dont la plus belle, détectée au fur et à mesure de ma vie, est bien celle du cœur.
Dans ce tourbillon, je ne pouvais qu’épouser un aventurier. J’ai découvert le plaisir des couloirs glacés de son petit château de Normandie, les innombrables carreaux à briquer et les chardons à arracher chaque jour d’été. Bourse plate, j’ai appris à faire deux sous avec un seul et transformer le quotidien en maison enchantée, une belle leçon de vie !
Avec le temps, les passions deviennent philosophiques, et la découverte d’autres sources de pensées s’avère une nécessité pour continuer à vivre. J’ai interprété toute seule comme une grande Voyage au Tibet, en rencontrant le Dalaï Lama dans son palais à Dharamsala. Ses éclats de rire résonnent encore en moi et éclairent mon chemin de vie.
Je pourrais glisser mille et une autres anecdotes de mon existence aventureuse, mais vous en retrouverez certaines dans mon roman Si la femme mange du lion, c’est pour faire rugir l’homme… Je n’ai pas besoin d’enjoliver mon histoire, la vie a toujours plus d’imagination que nous. »

©Photo de l’auteure par Éric Dexheimer