Un prince melancolique, roman de Martine GasnierUn prince mélancoliqueAcheter Un prince mélancolique, Martine Gasnier

Roman de Martine Gasnier

Paru le 24 septembre 2020
ISBN 978-2-84859-213-8
150 pages
Broché 16,90 € - Acheter le roman de Martine Gasnier Un prince mélancolique
Numérique 6,99 €

Revue de presse

Sabbioneta (Italie) 26 février 1591, le duc Vespasien de Gonzague se meurt. Avant de recevoir les derniers sacrements, il songe à ce que fut sa vie. Enfant solitaire, oublié par une mère indifférente, il se souvient d’avoir puisé dans sa tristesse la force de se bâtir un destin hors du commun. Il fut le prince bâtisseur d’une ville utopique dédiée à Diane de Cardona, la femme aimée puis sacrifiée sur l’autel de la jalousie. Épris de l’Antiquité, il fut collectionneur et mécène. Esprit brillant mais tourmenté, oscillant entre l’ivresse de la puissance et la rage de la destruction, la postérité n’a souvent retenu de Vespasien que sa cruauté. Il mérite mieux. Sa vie fut une épopée tragique qu’il traversa jusqu’à la mort en refusant d’abdiquer devant sa quête d’absolu. Entrelaçant éléments historiques et épisodes romanesques, l’auteur fait de ce prince demeuré mystérieux, l’une des grandes figures de la mélancolie.

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Préface d’Evelyne Deschamps-Pria, traductrice

Un paysage, une ville, un prince.

La grande plaine du Pô, ces terres basses dont la perspective s’étend à l’infini. Des bancs de brume traînent et s’effilochent à l’aube entre les peupliers qui scandent l’horizon ou cernent les fermes isolées.

La lumière est grise, parfois bleutée quand elle frôle les berges du fleuve.

On pense aux errances mélancoliques des Narratori delle pianure de Gianni Celati et aux photographies de son ami Luigi Ghirri qui captent cette lumière nacrée.

Sabbioneta, la ville du sable, cette cité idéale édifiée comme un rêve fou de prince bâtisseur, qui pourrait aujourd’hui, oublieuse de sa splendeur, figurer au nombre des Villes du silence de d’Annunzio.

Le duc Vespasien de Gonzague est né sur cette terre dont le silence et la mélancolie ont renforcé le tempérament atrabilaire de son enfance solitaire. Il y sombre périodiquement et se réveille dans des sursauts de violence proches de la folie. Il est alors la proie de délires où se mêlent le rêve de grandeur, la jalousie, les champs de bataille ensanglantés, les désirs de meurtre, l’amère certitude d’un amour impossible.

Il est comme le frère de ce Ferdinando Gravina qui, lui aussi, avait enfermé son épouse dans sa villa sicilienne de Bagheria et avait fait sculpter, sur les murs d’enceinte de la villa, comme pour les exorciser, les figures monstrueuses de ses hallucinations.

Comme tous ceux qui s’aventurent dans ces contrées, Martine Gasnier a succombé au charme désuet de Sabbioneta, à son silence, à sa mélancolie. Elle a voulu retrouver ce prince bâtisseur et a recousu patiemment le tissu de sa vie, les lambeaux de son esprit tourmenté, comblant les lacunes grâce à son imagination poétique et laissant en suspens, pour le lecteur, énigmes et mystères. Aux éléments historiques elle entrelace des épisodes romanesques qui charpentent son récit comme les saisons d’une épopée tragique.

Ce prince est désormais pour nous une des grandes figures de la mélancolie : celle qui greffe sur l’euphorie de la puissance et de la passion, la rage de la destruction et de l’anéantissement.

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