Un ange est passé, récit de Christine SagnierUn ange est passéAcheter

Récit de Christine Sagnier

En librairie le 27 mai 2021

ISBN 978-2-84859-222-0
162 pages
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Christine Sagnier dit le bonheur d’avoir attendu un enfant huit mois et le désespoir de le perdre. Le chagrin comme une torture et puis la solitude face à l’incompréhension des autres.

« À la qualité du style s’ajoutent une grande clairvoyance, une quête exigeante de vérité. » (Elle)
« Un témoignage rare » (Psychologie)

Préambule

Pourquoi cette nécessité de faire revivre mon livre alors qu’il était épuisé ? Pourquoi, vingt-huit ans après la mort de notre bébé ? Parce qu’il n’y a pas de date de prescription à l’amour, parce que Mathieu demeure mon enfant à tout jamais. Je ne suis pas déliée de cet amour du fait de sa mort, pas plus que je ne l’ai été de mes deux autres enfants une fois passés leurs dix-huit ans. On est parent à vie. Et je ressens toujours la nécessité d’inscrire Mathieu dans cette vie, lui qui n’a pas eu droit à beaucoup d’égards. Justement parce qu’il n’a pas eu droit à une prise en charge décente de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris.
Vingt-huit ans après que Mathieu a été mis en terre sans ménagements, nous avons ressenti, Ludovic et moi, le besoin de vérifier que la plaque que nous avions déposée auprès de la stèle des dons du corps du cimetière de Thiais était toujours à sa place. Un chemin que nous avons fait non sans appréhension, redoutant de constater – ultime outrage – qu’elle aurait été tout bonnement jetée, faute d’être entretenue.
Pourtant, pendant de longues années, plus de quinze ans, nous avons repoussé ce moment. À quoi bon se recueillir sur une plaque placée arbitrairement près d’une stèle, et qui ne nous dit rien du lieu où notre enfant a été enseveli ? Voilà ce que j’ai pensé pendant ces longues années, avec le sentiment coupable d’abandonner encore et encore mon bébé.
Cette culpabilité ne m’a pas interdit de vivre, d’être heureuse, ce n’était pas une pensée qui assombrissait mon présent ; néanmoins elle n’a jamais disparu. Ces deux dernières années, elle s’est muée en crises d’angoisse ou en profond chagrin. En laissant ce livre à sa petite mort, c’était Mathieu que j’abandonnais une seconde fois.
Nous sommes donc allés sur la stèle des dons du corps, nous avons retrouvé la plaque, si petite que c’est un miracle de l’avoir repérée au milieu de centaines d’autres, enfouie sous des tombereaux de feuilles mortes.
Vingt-huit ans après la mort de Mathieu, ce fut un immense soulagement de la tenir entre nos mains, de la nettoyer, de la déposer à sa place auprès de la même plaque que le premier jour, celle d’une petite fille, et de nicher un pot d’hellébores, délicates roses de Noël, entre les deux.
Je remercie mon éditrice Fabienne Germain d’avoir accepté de rééditer mon texte, ainsi que mon amie Pascale Bougeault d’avoir si tendrement illustré la couverture.

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