Blog

Petite Géographie Vagabonde -1 de Martine Gasnier

Élise s’était installée « via dell'amore », une rue où le temps a refusé de poursuivre sa course pour permettre à l’homme de se sentir immortel. Insouciante, elle a oublié de surveiller son cœur qui s’est vite mis à faire l’école buissonnière. Il a d’abord écouté les mots sucrés murmurés par un voisin timide qui frémissait de son audace, peut-être même l’a-t-il encouragé à poursuivre avant de se lasser de ces interminables balbutiements. Quelques maisons plus loin vivait un peintre dont l’atelier apparut à ce cœur vagabond comme la promesse d’un miracle. Il entra et fut immédiatement fasciné par le désordre tout éclaboussé de couleurs qui régnait là. Des toiles inachevées côtoyaient de vieux chiffons saturés de taches et des piles d’annuaires téléphoniques poussiéreux, lien symbolique et peut-être rassurant avec le monde du dehors. Le maître des lieux l’invita à rester, il accepta et vécut dès lors une histoire peuplée des fantasmes de l’artiste. Les premiers temps, il en éprouva du bonheur ; attentif et doux il soignait des états d’âme qui, un jour pourtant, lui devinrent insupportables. Il s’enfuit un soir d’été, aiguillonné par la musique que déversait une fenêtre ouverte et prêt à tout pour quelque flirt sur l’une de ces chansons sentimentales qui lui faisait battre la chamade. Il se perdit quelque temps entre jamais et toujours, s’émut, pleura un peu et finit par songer au retour. Élise l’a retrouvé un matin sur le seuil de sa maison, elle lui a ouvert en souriant, l’air un peu coupable son cœur s’est excusé d'une aussi longue absence et a promis de ne pas recommencer.

Martine Gasnier vous livrera chaque lundi un des treize textes formant sa « Petite géographie Vagabonde ».
© Martine Gasnier, juin 2020

Romans de Martine Gasnier publiés aux éditions Zinédi :
Itinéraire d’un révolté
L’Affaire Julie Clain, Prix de Littérature 2020 des Lions clubs de Normandie

 

 

 

Le feuilleton de l’après Covid19 - Avant-propos

Nous dédions ces pages à notre ami et auteur Jean-Pierre Croset, parti rejoindre les muses qui l’ont accompagné toute sa vie.

Et ensuite... Le feuilleton de l'après confinement par les auteurs des éditions Zinédi - Avant proposEt ensuite... L’histoire commence à la fin de l’épidémie de Covid 19, en s’inspirant pour son démarrage de la conclusion de La Guerre des Mondes de H.G. Wells : « Il est possible que, dans le plan général de l’univers, cette invasion ne soit pas pour l’homme sans utilité finale ; elle nous a enlevé cette sereine confiance en l’avenir qui est la plus féconde source de la décadence ; elle a fait à la science des dons inestimables, et contribué dans une large mesure à avancer la conception du bien-être pour tous, dans l’humanité. »

Le personnage central, dont les auteurs de Zinédi racontent les tribulations, apprend la bonne nouvelle à la radio : dans sa région, le confinement est levé. Enfin, la liberté et le bonheur retrouvés ! Vraiment ?

Pierre Efratas, en bon conteur, a la lourde charge de démarrer cette histoire... et de la terminer !

Désormais, le feuilleton est publié dans son intégralité en version numérique et le sera prochainement en version imprimée. Les droits seront reversés au Secours Populaire. Acheter le livre numérique sur le site leslibraires.fr.

© crédit photo JillWellington@Pixabay

Vérité, poème de Claude Sarrassat

Vérité

Poème de Claude Sarrassat

La Vérité sortit du puits
On la croyait dans les étoiles,
Au bord des trous noirs de la nuit,
Dans le sillage d’une voile .

Sous un manteau, elle était nue
Et le visage à découvert.
Personne ne l’a reconnue,
Le long de son chemin désert.

On rêva de la détenir,
Depuis, frileuse, elle se cache,
Des philosophes, des émirs,
Des dogmatiques qui la fâchent.

Certains ont cru la reconnaître
Dans une symphonie de Mozart,
Le tableau d’une scène champêtre,
Un poème de Paul Eluard.

En vérité, Jésus l’a dit,
Elle est en marche sur la Terre,
Poursuivant la quête infinie
D’élever les hommes au rang de frères.

© Claude Sarrassat, mai 2020
Nous, les gosses - Un quartier de Paris sous l’Occupation

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 1

Rocher Antarctique à tête de loup - Et ensuite... chapitre 1 du feuilleton écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite... Chapitre 1 par Pierre Efratas (Les Deux Chants du Cygne)

Au début, j’avais cru à un canular de facétieux admirateurs de H.P. Lovecraft. Ces soi-disant traces d’une ancienne colonie humaine enfouie sous deux kilomètres de glace antarctique me faisaient invinciblement penser aux montagnes hallucinées du papa de Cthulhu.

Hallucinées était le mot, et en dépit de la vieille amitié qui me liait à Henry Dodgson, professeur retraité d’archéologie de l’Université de Cambridge, j’avais refusé, poliment mais instamment, de perdre mon temps en recherches sur une théorie clinquante aussi peu étayée par les faits. Je suis archéologue spécialisée dans les anciennes civilisations arctiques, et le pôle Sud ne me concernait en rien !

Peu convaincu par mon refus, le bon Henry avait tenu à envoyer à « sa très estimée collègue » (moi, Juliette Maroy, grande découvreuse) des photos prises par la Nasa à l’occasion des essais de lancement de l’ICESat-2, un satellite d’observation de la surface de la glace polaire. Les clichés obtenus comportaient effectivement des bizarreries topographiques. Avec un peu d’imagination et en se fiant exclusivement à la conformation de l’ensemble, on pouvait penser à des structures pyramidales et même à l’architecture d’une cité enfouie. Cependant, il arrive aussi que les nuages ressemblent à des éléphants ou à des licornes. Or, jusqu’ici, il fallait bien admettre qu’aucune défense ou corne en ivoire n’était tombée du ciel. Je réservai la primauté mondiale de cette observation à Dear Henry, espérant décourager ses entreprises de subornation scientifique. 

Ce glorieux échange eut lieu en mai 2017. À cette époque, j’étais trop occupée par mes travaux sur d’anciens outils découverts sous un muret de cailloux érigé à l’extrême nord de l’aire géographique attribuée jusque-là aux Inuits, pour me préoccuper des obsessions d’un retraité qui s’ennuyait.

Trois ans passèrent sans plus de nouvelles de sa part et le monde en profita pour tomber dans la léthargie du Covide intégral. Mais pas Dodgson ! Le 25 juin 2020, en effet, il choisit de relancer sa brillante affaire.

Étant confinée, je croyais tenir le prétexte plus ultra pour lui répondre par une fin de non-recevoir. Pensez-vous ! Au lieu de me laisser claquer des dents à l’idée de choper la saloperie couronnée ou de rêver au Grand soir du jour du déconfinement, le vieux loufoque se mit à me harceler. À son estime, de nouveaux clichés encore plus sensationnels que les précédents ne pouvaient que dynamiter mon étroit rationalisme cartésien. Il m’en bombarda littéralement.

– Regardez, Juliette, n’est-ce-pas terriblement excitant ?

– Certainement. Mais comme je vous l’ai dit précédemment, je ne suis pas compétente en cette matière et je vous suggère vivement de prendre contact avec le British Arctic Survey. Eux pourront certainement vous répondre.

– Vous croyez au Père Noël, Juliette ? J’ai essayé. Et vous savez quoi ? Ces têtes dogmatiques n’ont rien à faire des preuves que je leur apporte.

– Vous m’en voyez terriblement désolée.

– Arrêtez de vous payer ma tête et regardez plutôt ce que je vous envoie.

À cet instant, une main tambourina à ma porte, main s’accompagnant d’une voix de garage qui s’écria : « Madame la Professeure ! Ça y est ! La télé a dit que le déconfinement était pour ce soir ! »

La nouvelle était heureuse et j’en remerciai poliment ma gardienne d’immeuble, sans ouvrir mon huis cependant, littéralement sidérée par ce que Dodgson venait de m’envoyer.

À suivre...

La suite est à lire dans le livre numérique en vente sur le site leslibraires.fr au prix de 1,99 € et sur tous les sites de vente en ligne. Les droits du livre sont reversés au Secours Populaire.

© Crédit photo Liam Quinn

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 2

Oeil ordinateur - Et ensuite... chapitre 2 du feuilleton écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite... Chapitre 2 par Jean-Louis Azencott (Les Petits Matins, La Trappe, Les Fables de La Fontaine en argot illustrées)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.
 

 

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 3

Matrice système - Chapitre 3 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite... Chapitre 3 par André Fanet (Antigone conduisait mal)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

© Crédit photo Matryx@Pixabay

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 4

Ecran brisé - Chapitre 4 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite... Chapitre 4 par Martine Gasnier (Itinéraire d’un révolté, L’Affaire Julie Clain)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

© Crédit photo Jef Poskanzer

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 5

Femme affolée au téléphone - Chapitre 5 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite... Chapitre 5 par Jacqueline Grand (Tu n’as pas rêvé, Le Secret)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

 

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 6

Lande et lacs écossais - Chapitre 6 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite… Chapitre 6 par Francis Germain (Les Bubble Guns)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

© Crédit photo John Mcsporran

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 7

La glace en Antarctique - Chapitre 7 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite… Chapitre 7 par Yan Kouton (Des effondrements souterrains, Les Oiseaux de proie, Le Passeur)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

© Crédit photo Ilangr@Pixabay

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 8

Cosmos Matrice - Chapitre 8 du feuilleton "Et ensuite" écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite… Chapitre 8 par Gilles Pivard (Les Deux Chants du Cygne)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

© Crédit photo Matryx@Pixabay

 

Tribune collective pour un tarif postal du livre

Pour libérer l’envoi des livres: le tarif postal dédié aux livres

« Face aux difficultés du secteur du livre, un collectif d'associations d'éditeurs et de libraires propose une solution que défendent auteurs, éditeurs, diffuseurs, libraires et lecteurs: le tarif postal spécifique à l’objet livre, pour aider à « atteindre chaque lecteur où qu’il soit ». Ce serait là un « signe brillant, positif, résilient », sans quoi « nous risquons d’abandonner le commerce du livre aux grandes plateformes du web qui pratiquent une concurrence déloyale ».

La tribune complète est à lire sur Médiapart ou en téléchargement en bas de ce billet. Elle est signée par :

AMEB maisons d’édition de Bretagne,
Éditeurs associés de l’Est,
Éditeurs des Hauts-de-France,
coll. libris éditeurs en Pays de la Loire,
N2L éditeurs de Normandie,
Éditeurs de Nouvelle-Aquitaine,
ERO éditeurs de la région Occitanie,
Éditeurs du Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur,
EIRA éditeurs en Rhône-Alpes et Auvergne,
AETI éditeurs de Tahiti et des îles,
Jedi Paca, France Photo Book,
Les Éditeurs associés,
L’autre livre,
UEVI éditeurs de voyage indépendants,
SEA Syndicat des Éditeurs Alternatifs,
SLF Syndicat de la Librairie Française,
LILE libraires de l’Est,
alip libraires en Pays de la Loire,
ARLL Mayotte, Libraires en Normandie,
LINA libraires de Nouvelle-Aquitaine,
Librairies Initiales,
Libraires Ensemble,
Comité Quartier Latin,
CIL Confédération de l’Illustration et du Livre,
MEL Maison des Écrivains et de la Littérature,
Pen club français,
FILL Fédération Interrégionale des agences du Livre et de la Lecture

La tribune est disponible en téléchargement 20200520 tribune tarif postal livre20200520-tribune-tarif-postal-livre.pdf (670.01 Ko)

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 9

Montagne de glace Chapitre 9 de "Et ensuite..." histoire collective des auteurs des éditions ZinédiEt ensuite… Chapitre 9 par Marie-France de Monneron (Si la femme mange du lion, c’est pour faire rugir l’homme, Comment rendre un paon heureux)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

© Crédit photo Enriquelopezgarre@Pixabay

 

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 10

Arche lumineuse, mondes parallèles Chapitre 10 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZiédiEt ensuite… Chapitre 10 écrit par Joëlle Tiano-Moussafir (Le sel des larmes est parfois doux, Le Dernier Courbet)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

 

 

© Crédit photo Alain9187@Pixabay

 

Le feuilleton de l’après Covid19 - chapitre 11

Femme en fuite dans la neige - Chapitre 11 du feuilleton "Et ensuite..." écrit par les auteurs des éditions ZinédiEt ensuite… Chapitre 11 par Pierre Efratas (Les Deux Chants du Cygne)

Pour lire la suite, achetez le livre au profit du Secours Populaire :

E-book : 1,99 €. Envente sur leslibraires.fr, sur notre librairie ou sur toute autre librairie en ligne.
Version imprimée : 6,90 €. Bientôt en librairie et sur notre librairie.

A la découverte de Fawaz Hussain

Le Kurde qui regardait passer les nuagesTous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d’un livre de leur catalogue.

Jeudi 9 mai, nous vous proposons de découvrir Fawaz Hussain, dont les éditions Zinédi ont publié le roman Le Kurde qui regardait les nuages en septembre 2019 dans la collection Textures, dirigée par Gilles Vidal.

Fawaz Hussain est né en 1953 à Amouda, près d’Hassaké, dans le nord-est de la Syrie dans une famille kurde. Après une licence de Lettres obtenue à l’université d’Alep, il vient à Paris poursuivre ses études et obtient un doctorat de Lettres modernes à la Sorbonne. Il enseignera le français en France, puis en Suède et de nouveau en France où il réside.
Romancier et traducteur, ses langues d’écriture sont le français et le kurde, il a notamment traduit Le Petit Prince de Saint-Exupéry et L’Étranger de Camus en kurde. Il a également participé à l'élaboration d’un dictionnaire kurde-français, le seul qui existe, publié par l’Institut kurde de Paris et élaboré une anthologie en kurde de la littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles, publiée en Suède aux éditions Apec. Parmi ses ouvrages, citons : Les Sables de Mésopotamie (Le Rocher / Point Seuil), récit d’une enfance kurde, Prof dans une ZEP ordinaire (Le Rocher /Le Serpent à Plumes) qui raconte avec humour le quotidien d’un jeune prof d’origine kurde dans un lycée de Seine-saint-Denis, Orages pèlerins (Le Serpent à Plumes) dans lequel quatre Kurdes tentent l’aventure de l’exil, Le Rêveur des bords du Tigre (Les Escales, 2017), une fable poétique et tragique où le réel et le fantastique s’entremêlent, Le Syrien du septième étage (Le Serpent à Plumes, 2018), un hommage rendu aux petites gens.

Le Kurde qui regardait passer les nuages est la rêverie d’un promeneur solitaire.

Au détour d’une rue de Paris, d’un café, d’un rendez-vous chez le médecin, Fawaz Hussain entraîne le lecteur sur les chemins de la mémoire. À cœur ouvert.
Fawaz Hussain continue avec ce livre de raconter son parcours de déraciné, parsemé à la fois de belles fleurs et d’orties. Ici, tout en nous narrant ses petits problèmes du quotidien et ceux de Kurdes de sa connaissance cherchant à s’intégrer, la nostalgie de sa jeunesse et son non-pays perdu, il ouvre son cœur, et nous dévoile l’objet d’un amour qu’il a toujours au fond des tripes et qu’il aimerait pouvoir retrouver tout en sachant que c’est impossible, que l’on ne peut pas revenir en arrière : Magalie Tenenbaum, une artiste juive torturée qui peint inlassablement des baraquements oblongs de camps de concentration tombant du ciel à n’en plus finir, de toile en toile.

L’écriture de Fawaz Hussain est incisive, directe quand il parle du malheur kurde, de l’exil, elle se fait douce et poétique quand s’ouvre le coeur de l’amoureux.

Lire la suite

Bourse jeune écrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère

L’appel à candidatures pour la bourse Ecrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère est ouvert jusqu’au samedi 6 juin 2020.

Dotée de 25 000 €, cette bourse est attribuée à un jeune écrivain de moins de 30 ans qui a un projet de roman en français. Le candidat doit déjà avoir publié en français au moins une œuvre littéraire, autrement qu’à compte d’auteur.

Les dossiers de candidature sont à télécharger sur le site de la Fondation.

"Ma vie est tout ce que j'ai", nouvelle de Gilles Vidal

Nouvelle de confinement proposée par Gilles Vidal : « Ma vie est tout ce que j’ai »

Au réveil, je baignais littéralement dans mon jus, le tee-shirt me collait au-dessus des omoplates, trempant les cheveux gras qui retombaient sur ma nuque, et une odeur vinaigrée entêtante qui provenait de mon corps semblait saturer l’air ambiant. En voulant pivoter sur moi-même pour m’asseoir au bord du lit, je ripai et me retrouvai au sol, me faisant mal au passage au genou qui avait frappé le parquet où un troupeau de moutons de poussière ne sommeillait que d’un œil. Je me relevai difficilement et me traînai vers la douche avant de me souvenir, comme à chaque fois, qu’il ne fallait plus utiliser d’eau jusqu’à nouvel ordre – même pas pour se laver (si on tenait à sa peau). L’État ayant mis la clé sous la porte, il ne restait plus grand-chose en fait qui fonctionnait : quelques heures d’électricité par jour au coup par coup qu’il fallait mettre au maximum à profit, un internet intermittent, voire chevrotant – quant au téléphone mobile, il marchait encore quand on avait la chance d’avoir le bon opérateur et de l’argent sur son compte en banque.

Dans l’appartement oppressant, c’était aussi la fin. La fin des haricots. Ayant épuisé toutes mes ressources, je ne pouvais plus rester, il me fallait partir. Pour de bon. Et ce n’était pas à proprement parler un déconfinement (on en avait tant parlé, des semaines et des mois durant, plus d’un an même, comme étant imminent, que finalement il n’était jamais venu ce déconfinement, remplacé par un chaos indescriptible, un carnage, une sorte d’anarchie sans nom faite d’émeutes, d’incendies, de viols, de meurtres, et j’en passe).

Je versai le fond de mon avant-dernière bouteille d’eau dans la machine à capsule et me fit couler un jus bien noir. Eh oui, plus d’eau à boire, à part celle que j’emmènerais avec moi. Pareil pour la bouffe. Que dalle.

Tout en sirotant mon café, j’ai repoussé l’épais double rideau et j’ai jeté un œil par la fenêtre de la cuisine. En faisant gaffe, comme toujours, même si toutes les fenêtres de l’immeuble en face étaient aveugles, même s’il était inconcevable que l’on me devine (mais je ne savais pas ce qui se tramait derrière ces murs, combien d’apprentis snipers s’y trouvaient). La rue était déserte pour l’heure. Quelques voitures en travers de la route avaient leurs portières arrachées, des pillards avaient abandonné ce qui ressemblait à des hardes le long des trottoirs. Hier, il y avait plus d’agitation : quelques ombres floues apparaissaient brusquement sous une porte cochère ou au bas de caisse d’une auto pour disparaître aussitôt par un tour de passe-passe sidérant – de quelle engeance étaient constituées ces ombres ? Je ne sais. Quelques drones, aussi, étaient venus fouiner comme des mouches à merde sans toutefois qu’un de ces hélicoptères vautours lourdement armés ne vienne menacer le quartier comme c’était souvent le cas après leur passage. J’avais également observé deux chiens efflanqués se battre sauvagement pour un morceau de viande sanguinolent dont l’origine semblait indécise (animale, humaine ?). D’autres chiens avaient hurlé au loin des heures durant comme des loups, à plusieurs rues de là, à vous glacer les sangs.

Je me suis ensuite minutieusement préparé, comme un homme part au combat. Sur le sentier de la guerre, mais sans tunique cousue de perles, de colliers en os ou de peintures au visage. Rien que du solide, de l’épais, lames affûtées aux pointes des godillots, gants avec armature, minerve, mentonnière et genouillères de protection, masque à filtres interchangeables, casque de motard, couteau japonais à la hanche gauche et le Manurhin MR73 que j’avais hérité du grand-père, nettoyé, huilé et chargé jusqu’à la gueule à la hanche droite. Sans oublier le sabre court dont j’avais aiguisé la lame durant de longues heures.

J’ai pris mes papiers d’identité aussi, et deux cartes bancaires sans savoir si elles fonctionnaient encore. C’était comme pour ma femme : était-elle encore vivante ? Et mon fils se trouvait-il encore avec elle ? Il y avait plus de six mois que je n’avais plus de nouvelles, je m’étais fait une raison. Qu’avais-je dit au fait à ma femme quand nous nous étions séparés ? Je n’en avais plus aucun souvenir ; aujourd’hui, je lui dirais peut-être quelque chose dans ce goût-là : « Un jour nous nous retrouverons, ma chère, je te reconnaîtrai et tu me reconnaîtras malgré les années passées, tu m’aideras à reconstruire ma vie et je t’aiderai à affirmer la tienne, jusqu’au bout nous irons. » J’ai ri tout haut à cette bêtise qui m’était passée par la tête, un rire sardonique à faire peur.

Il ne me restait plus qu’à retirer un à un les meubles que j’avais entassés devant la porte d’entrée – une véritable barricade. Et d’affronter l’inconnu. Je fermai les yeux quelques minutes et, pour me donner de la force, me remémorai les nocturnes tristes et déchirants de Gabriel Fauré. J’étais prêt.

À peine avais-je mis le pied dans le couloir qu’un imposant salopard vêtu de noir se jeta sur moi dans un rugissement. Je le repris de volée avec mon sabre tenu à deux mains avec toute la puissance possible dans mon coup, ce qui fit que la tête de mon agresseur que je venais de trancher, après avoir dodeliné une micro-seconde, tomba sur le sol dans un éclair ensanglanté et dévala l’escalier tel le ballon échappé des mains d’un enfant.

Ce n’était que le début, bien sûr. D’autres épreuves, bien plus conséquentes, m’attendaient. Le destin s’amuse des hommes. Tenir le temps qu’il faut. Mais de toute façon, c’est le temps qui nous emporte tous sur son dos.

© Gilles Vidal, avril 2020
Romans de Gilles Vidal publiés aux éditions Zinédi :
Ciel de traîne (2018)
La Boussole d’Einstein (2019)

A la découverte de Jean-Pierre Croset

1557Tous les jeudis à 15 heures, les éditions Zinédi vous donnent rendez-vous pour découvrir un auteur en vous proposant un extrait d'un livre de leur catalogue.

Jeudi 30 avril, nous vous proposons de découvrir Jean-Pierre Croset, dont les éditions Zinédi ont publié le roman historique 1557 en 2016.

Ancien élève du cours Simon, Jean-Pierre Croset voulait devenir comédien, mais il s’est d'abord orienté vers la musique, avec le groupe les « JP-PLL » au sein duquel il était guitariste, puis vers la chanson. Avec Alain Féral, (fondateur des « Enfants terribles ») ils montent un duo, « Les Mandragores », et font les premières parties de chanteurs comme Gilbert Bécaud, Serge Reggiani, Guy Béart. Il prend goût à l'écriture et produira plus de 300 textes de chansons. En 1963 il reçoit le prix international du disque de l’Académie Charles Cros.
Sa corde artistique n’a jamais cessé de vibrer et après 30 ans de vie professionnelle comblée, il revient à ses premières amours : la musique, le chant et l’écriture.
Plusieurs de ses textes ont été publiés : chez Jean-Claude Lattès, Sur tous les tons, recueil des textes de ses chansons, puis un premier roman, Écris-moi, chez Liriade en 2014. En 2016, Zinédi publie son deuxième roman, 1557, pour lequel Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et ancien maire de Saint-Quentin, a écrit la préface. Le troisième roman devait paraître chez Zinédi cette année, mais les muses en ont décidé autrement. Entre-temps est paru en 2017 chez Lame Vague éditeur un recueil de contes et nouvelles, Et si l’Oubli avait un trou de mémoire ?.
La même année, il est lauréat du prix Jean de La Fontaine, organisé par la ville de Château-Thierry et l’Académie Charles Cros, pour lequel il a obtenu le premier prix, avec sa fable intitulée La Tuile et l’estragon.

1557, quand l’amour et l’aventure mettent en lumière l’Histoire de France

En 1557, Saint-Quentin est assiégée par l’armée espagnole venue des Flandres, mais ses habitants sont bien décidés à résister. Sous l’impulsion de l’amiral Coligny, la ville se bat avec acharnement durant vingt-sept jours, sacrifiant ses « Enfants » devenus de véritables remparts humains devant l’assaillant. Ces semaines gagnées affaiblissent l’ennemi : Philippe II, roi d’Espagne, renonce à venir assiéger Paris.
Sur fond de vérité historique, Jean-Pierre Croset nous conte l’histoire d’amour d’Anne Dassonville, jeune résistante à la pointe des combats, et de Guillaume de Rhuis, chevalier au service du roi Henri II, qui vont servir de fil rouge pendant les deux dernières années du règne d’Henri II.
Mêlant Histoire de France, aventure et histoire d’amour. L’auteur entraîne le lecteur dans une aventure romanesque pour mieux lui faire revivre les événements de cette période historique, jusqu’au tournoi fatal qui causa la mort du roi de France Henri II et à la déchéance de sa favorite, Diane de Poitiers.
Personnages historiques et fictifs se rencontrent au fil des mots : Guillaume de Rhuis est l’envoyé du roi en Italie et auprès des gouverneurs de province pour renflouer les caisses du Trésor, tandis que l’héroïne, Anne Dassonville, deviendra l’apothicaire attitrée de Diane de Poitiers et sera accusée d’espionnage par Catherine de Médicis. Deux passions, l’une fictive, l’autre réelle (Henri II et Diane de Poitiers) vont s’entrecroiser tout au long du roman.

 

Lire la suite

Lettre ouverte au ministre de la Culture

L'association l'autre LIVRE, qui regroupe 250 maisons d'édition indépendantes, écrit une nouvelle fois au ministre de la Culture, Franck Riester, pour demander un tarif postal privilégié pour le livre, comme c'est le cas pour la Presse depuis la Libération :

Lettre ouverte au ministre de la Culture

à M. Franck Riester, Ministre de la Culture

Paris le 27/04/2020

Monsieur le Ministre,

Vous avez annoncé que vous alliez rendre public, dans les jours qui viennent, un ensemble de mesures concernant la filière du livre.

Nous avons de sérieuses raisons de redouter les conséquences de la période que nous traversons sur la vie et l’activité de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre.

La fermeture des librairies (qui met de nombreux libraires indépendants dans une situation délicate) a aussi un effet immédiat et direct sur nos maisons d’édition. Nous craignons qu’un certain nombre d’éditeurs d’indépendants n’y survivent pas.

S’ils disparaissent, ce sont des catalogues qui vont disparaître des rayons des librairies. C’est avant tout la capacité de création éditoriale, la diversité et le pluralisme culturel de notre pays qui seront abimés. Dans certains domaines, en particulier ceux qui sont jugés non commerciaux, les petits éditeurs, les éditeurs indépendants qui sont animés avant tout par la passion du livre, jouent un rôle de création essentiel. C’est le cas notamment pour la poésie, la nouvelle, la philosophie, l’essai, la traduction, l’histoire régionale et sociale, le livre jeunesse…

Parmi les mesures qui nous paraissent indispensables, il y en a une à propos de laquelle nous vous avons écrit dès les premiers jours du confinement et sur laquelle vous nous permettrez de vous relancer.

Les circonstances actuelles rendent en effet urgent la mise en œuvre d’un tarif postal préférentiel pour le livre, à l’image de ce qui existe pour la presse.

Actuellement les tarifs postaux qui nous sont imposés quand nous envoyons nos livres aux libraires, aux bibliothécaires, aux lecteurs, pèsent très lourd dans l’économie de nos maisons.

Cette revendication qui est aujourd’hui soutenue par plus de vingt associations d’éditeurs, nationales et régionales, n’est pas une revendication catégorielle, voire « corporatiste ». Elle répond à une nécessité pour tous les acteurs de la filière du livre : qu’ils soient auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires, lecteurs.

Elle a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs pétitions dont celle qu’avait lancée notre association et qui avait recueilli plus de 4 000 signatures.

D’autre pays européens, comme vous le savez, pratiquent une tarification spéciale.

En France, il existe un tarif postal particulier, dit « livres et brochures » qui n’est appliqué que pour les envois à l’étranger, afin d’aider à la promotion de la culture française à l’étranger.

Mais aujourd’hui, c’est ici même et maintenant qu’il faut soutenir la diffusion de la culture.

Nous pensons donc qu’il faudrait sans tarder généraliser ce tarif aux envois de livres en France et dans les TOM-DOM.

Il n’est pas dit qu’un tel tarif entraîne un manque à gagner pour la Poste, car il pourrait favoriser en retour une plus grande circulation postale des livres.

Ne pas donner droit à cette revendication serait par contre favoriser les géants du commerce en ligne qui risquent fort de profiter de la crise actuelle, au détriment des autres acteurs de la filière.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à notre demande, nous sommes à votre disposition pour toute concertation et vous prions de croire en l’assurance de notre considération.

Francis Combes

Président de l’autre LIVRE
www.lautrelivre.fr

Vous pouvez retrouver les précédentes lettres adressées au ministre de la Culture et au ministre de l'Economie et des finances sur « Nos revendications ».