Les Bubble Guns

Roman de Francis Germain

Cv les bubble guns 2Les Bubble Guns
ISBN 978-2-84859-100-1
238 pages
Édition imprimée : 20 € Édition numérique : 6,49 €

Présentation

Tout commence par la découverte du cadavre du sénateur de l’Arkansas dans la villa d’un richissime et influent homme d’affaires, Jack Ferrenzi...
L’auteur nous emmène dans l’enquête, semée d’embûches et de rebondissements, de l’inspecteur Milton du commissariat de White Plains et de l’agent du FBI, Remington, chargé de la superviser. Le suspense le dispute à l’humour qui jalonne les pages de ce polar déjanté, pour nous plonger dans les méandres les moins reluisants de l’humanité et jusqu’aux plus hauts sommets de l’État américain.
Des dialogues ciselés, des personnages truculents, une intrigue haletante… tout y est pour vous faire passer une très mauvaise nuit !

Le billet de Martine Lévesque sur Lesmilleetunlivreslm

[...] Une histoire qui vous surprend à plusieurs moments et dont l'enquête menée pour découvrir la vérité sur le meurtre du sénateur, va nous faire passer par des chemins assez glauques. Je suis toujours restée en haleine tout au long de ma lecture, avec une forte envie de continuer à lire pour savoir ce qui allait se passer et ce que l'inspecteur Milton et l'agent Remington, allait dénicher. C'est sûr que cette enquête va donner du fil à retordre aux inspecteurs, ils vont devoir user de patience afin de découvrir ce qui se cache en dessous de toutes les couches de la vie des gens riches. Voguant entre les duperies, et les combines aussi malicieuses les unes que les autres.

Ce livre est original, tout en gardant le côté "réaliste" du monde de la politique, la vie mondaine et aussi des compétitivités entre les corps policiers, tels qu'on se l'imagine ou que cela arrive vraiment. [...]

Extrait

L’agent Mash coupa les phares et le contact. L’inspecteur Milton regarda son équipe et  annonça calmement :
— Les gars, on va sortir ensemble. Je compte jusqu’à trois et on s’expulse. Un ! deux ! trois !
Ils sortirent en même temps, claquèrent les portières et s’observèrent pour orienter leur déplacement. Des plots lumineux montant jusqu’à une imposante demeure guidèrent leur regard. Ils foulèrent le gazon central d’une pelouse tondue de frais pour atteindre la porte.
— Regardez ce beau green, les gars, dit Milton, c’est sûrement un conservateur  pour se payer de l’herbe comme ça !
— C’est ras comme un crâne de marine, affirma Pellicule.

Mash colla son doigt sur la sonnette. La porte s’ouvrit, révélant, dans un rai de lumière, une superbe femme tout de noir vêtue.
— C’est vous que j’attendais, dit la créature en avançant d’un pas.
— On s’en serait douté, murmura Pellicule, tandis que Milton tendait une main qui resta dans le vide.
— Inspecteur Milton de la police de White Plains, mes assistants : l’agent Mash, et l’agent Pellicule. Vous êtes vous-même ?
— Madame Kriswater, dit-elle en reniflant.
— Nos condoléances, Madame.
Personne ne bougeait. Pellicule en profita pour poser sa mallette à terre, l’ouvrir et en extraire son Canon. Il commença le réglage sur les bibelots du hall d’entrée.
- Puis-je voir le corps, madame ? demanda Milton.
— Par là, répondit-elle en indiquant une pièce située au bout d’un couloir sombre. Ils avancèrent ensemble. Arrivés devant la porte tout le monde s’écarta pour laisser entrer Milton.
— Où est-il ?
— Là-haut, inspecteur, répondit la femme en indiquant le ciel de son index, s’étant méprise sur la question, tandis que Pellicule la photographiait de haut en bas avec des plans séquences sur une poitrine qui ne demandait qu’à prendre l’air.
— Je voulais dire où est-il, ici, sur terre ? revint à la charge Milton immobilisé sur le seuil de la pièce.
— Là-bas, souffla-t-elle en désignant le bureau dans un demi sanglot qu’un mouchoir en papier étouffa.

Derrière le bureau gisait le corps inanimé d’un homme qui n’avait aucune chance d’être en vie si l’on tenait compte du fait que la balle qui était entrée, volontairement ou non par la bouche, avait choisi la nuque pour en ressortir.
— Sale métier ! conclut Milton à cheval au-dessus du corps que Pellicule fixait en contre-plongée.
— C’était mon mari, le sénateur Kriswater, annonça la veuve.
Milton ne parut pas entendre. L’effet du kif commençait à disparaître, entraînant chez lui une légère somnolence.
— Ne restez pas là, madame, c’est horrible, dit l’agent Mash en tirant un chewing-gum du fond de sa poche.
— Je n’arrive pas à m’en détacher, dit la veuve.
— C’est la réflexion que je me faisais, dit Pellicule le regard collé sur ses seins.

Un bruit de bouteilles leur fit tourner la tête vers l’entrée. Un majordome en livrée de banquise fit son apparition, poussant devant lui un chariot garni de bouteilles et de verres. La veuve l’immobilisa à sa hauteur.
— Vous prendrez bien un Cherry ? proposa-t-elle à Milton.
Pellicule, l’œil collé au viseur de son appareil répondit tout à trac :
— J’adore !
Elle ne parut pas surprise et fit signe au domestique de servir. Le téléphone sonna.
— Laissez, je réponds, dit Mash.
Au moment même où il soulevait le combiné du téléphone une violente déflagration brisa en milliers de petits éclats les fenêtres du bureau.
— La voiture ! cria Milton.
— Quoi, la voiture ? s’étrangla Mash.
— Putain, la bagnole ! Les mecs, je suis sûr que c’est notre voiture, répéta Milton qui éprouvait des difficultés à se relever.
Immédiatement Pellicule gagna la fenêtre. Il fit photo sur photo de l’immense fumée qui embrasait la nuit.
— Putain, je vous parie que ce sont ces enculés de Portoricains ! gueula Pellicule.
Milton approcha à son tour.
— Non je suis sûr que c’est Griffith, l’ordure black du quartier sud. Il n’aime pas les voitures de couleur, c’est l’assistante sociale qui m’a parlé de ce léger trouble, dit Milton tout en admirant le spectacle par-dessus l’épaule de Pellicule.
Sans quitter son canapé, appuyé sur l’épaule de la veuve, Mash émit une protestation.
— Y en a marre des Cubains !
— Oui, surenchérit Pellicule, ils font vraiment chier les Cubains.
— Tu as raison ma pelloche, ça ne peut plus durer, dit Milton. Vous deux, dit-il en les désignant, inspectez-moi les alentours et demandez au poste du renfort, qu’ils nous envoient si possible une voiture en état de marche… normale, pas peinturlurée.
— Pas de problème, répondit Pellicule.
— Grouillez-vous. Je vous rappelle que le mort est un sénateur ajouta Milton.

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