Roméo à la folie

Roméo à la folie

Cv romeo a la folieroman de Christine Sagnier
ISBN 978-2-84859-161-2
152 pages - 14,90 €
Broché - Format 13,5 x 21

En librairie le 15 juin 2017. Achetez le livre chez votre libraire habituel.

Revue de presse

Présentation

Il y a les ados qui se cherchent, et puis il y a les ados qui vont mal, très mal même parfois. Klara en sait quelque chose, elle qui n’a cessé de vouloir venir en aide à Roméo, son fils unique aussi ébouriffant qu’ébouriffé. Là est sa seule faute et son plus grand malheur : avoir voulu trouver le psychiatre qui, d’un coup de baguette magique, lui aurait rendu son petit bien peigné. Une quête qui s’est transformée en une incroyable épopée. Parce que Fransec, la psychiatre en question, ou peut-être le diable en personne, a jeté son dévolu sur Klara, laquelle a disjoncté tout doucement mais très sûrement. Le danger est plus que réel et la folie véritablement contagieuse, un secret de polichinelle que le corps médical s’applique à préserver, mais qu’il est temps d’éventer.
Tous les parents d’adolescents se retrouveront dans ce roman, et les mésaventures de l’héroïne les rassureront sur leur sort : à cette lecture, ils se diront que non, décidément, leur ado n’est certainement pas le pire. Et pour ceux qui se reconnaîtront dans ce portrait de famille, le livre fera mouche. Car derrière le ton vif, l’humour grinçant et le rythme trépidant, le roman s’attaque à une question sérieuse : le parent happé dans l’engrenage infernal des soins psychiatriques peut-il demeurer sain d’esprit ? La réponse est à la fin du roman.

Interview de Christine Sagnier

– Comment avez-vous eu l'idée de ce roman ?
C’est au plus fort du chaos, alors que ma famille menaçait d’imploser que j’ai ressenti la nécessité d’écrire, pour lever un tabou autour des troubles psychiiques, pour prendre de la distance, pour conserver un certain bon sens et retrouver la notion de plaisir à travers l’écriture. Alors il fallait que ce roman soit drôle…

- Pourquoi choisir l’humour pour traiter d’un sujet si grave ?
C’était vital. Rire pour ne pas mourir. L’autodérision en guise de soupape. Durant cette période, j’ai beaucoup échangé par mails avec une amie qui vivait des évènements similaires. Nous avions choisi de rire de ces situations qui, il faut le dire, frôlaient le burlesque. L’humour était notre garde-fou. Alors quand j’ai commencé à écrire mon roman, j’ai opté très naturellement pour ce ton. J’avais besoin de cette forme d’allégresse pour prendre le contre-pied du désespoir. D’ailleurs, ce sont toutes les failles de mon héroïne qui la rendent drôle et attachante…

– Vous êtes-vous inspirée de faits réels ?
Evidemment je me suis inspirée de mon vécu alors que j’étais confrontée à la crise d’un de mes fils, alors adolescent, mais aussi de témoignages d’autres familles en me basant sur de nombreuses rencontres et lectures, dont la très intéressante étude d’Annick Ernoult et de Catherine Legrand-Sébille Parents de grands adolescents et jeunes adultes hospitalisés en psychiatrie. En fait, le cas de ma famille est loin d’être isolé, et les témoignages se recoupent d’une manière saisissante, jusqu’aux propos des psys qui sont identiques, comme s’ils usaient de formules toutes faites. : « Il y a de la culpabilité qui circule », « C’est un vrai roman-feuilleton votre histoire »… Il est vrai qu’aujourd’hui la psychiatrie fait dans le prêt-à-porter quand elle devrait opter pour le sur-mesure.

– Quel est le thème central de ce livre ?
La lente dérive d’une mère qui veut faire soigner son fils. Saine d’esprit au départ, elle est tellement humiliée, maltraitée, accusée par les psys qu’elle va finir par perdre la tête et tenter de régler son compte à l’un deux. Une juste vengeance. Ce qui, soit dit en passant, est une pure invention. C’est d’ailleurs étonnant, vu le comportement de certains spécialistes, qu’il n’y ait pas de tels faits divers.

- Quelques perles ?
Un psy d’un établissement… à la mode, si j’ose dire, qui nous explique que l’on ne peut pas changer la manière de penser des gens. Cet homme était supposé soigner des anorexiques, des adolescents suicidaires… Ou encore, une psychologue qui nous propose comme solution à la crise que nous traversons  après un mois d’hospitalisation (nous devions récupérer notre fils qui ressemblait à une grenade dégoupillée), elle nous propose donc pour les mois à venir qu’il aille en internat durant la semaine, puis qu’il passe un week-end chez son frère aîné, un étudiant de 20 ans vivant en colocation, le second week-end chez une tante célibataire, le troisième week-end à l’hôtel, ceux-là que la DASS met à disposition des personnes en difficulté… Nous n’avons pas voulu entendre ce que nous réservait le quatrième week-end. Un adolescent bien portant n’aurait pas survécu à un tel régime, alors un garçon dont la plus grande peur est l’abandon… Et puis cet autre psy, Professeur tout de même, qui nous dit : « Si vous voulez abandonner votre fils, il faut que vous le lui disiez avec votre cœur » !

– À quels lecteurs s'adresse votre ouvrage ?
À tous les parents ! Ceux qui ont des adolescents un peu agités s’y retrouveront, tout en se sentant rassurés sur leur sort. Ceux dont les enfants vont très mal se sentiront moins seuls avec leurs pensées pas toujours politiquement correctes. Parce que le plus dur peut-être dans ces parcours chaotiques, c’est l’isolement. La tendance actuelle est de vouloir présenter une image idéale de la famille, la réussite des enfants, l’entente cordiale entre parents et enfants… Alors quand tout fout le camp et que l’on ne maîtrise plus rien, on se met à l’écart. Dites que votre enfant fait une thérapie, votre interlocuteur pensera que votre fiston est un peu bizarre ; expliquez qu’il est interné, et il le prendra pour un fou. Et vous avec.   

– En quoi votre livre parle-t-il à un lecteur d’aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les psychiatres ont souvent la parole. Ce sont des experts que l’on invite pour commenter l’actualité à chaud. Certains sont spécialisés dans le couple comme dans la déradicalisation. Il y a les psys des plateaux de télé, il y a les champions de la théorie, et il y a le psy au coin de la rue que l’on va voir avec son ado sur la prescription d’un prof. Le psy est partout, et paradoxalement le trouble psychique est tabou. Alors je crois que beaucoup se retrouveront dans cette histoire, beaucoup de mères en particulier qui demeurent les cibles privilégiées des psys.

 

 

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Commentaires (1)

Boulanger Fabrice
  • 1. Boulanger Fabrice | 16/06/2017

Merci pour ces explications je viens de vous entendre à la tv et cela est un dur combat pour vous . Merci

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