Billets de infoediteur

J'écris une nouvelle pour être lu

Le site conseilsdelecture organise du 27/02/2021 au 27/09/2021 un concours de nouvelles ouvert à tous et quel qu'en soit le genre. Seule contrainte : être entièrement originale et ne pas avoir été publiée.

Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien : J'écris une nouvelle pour être lu.

Sans abri, poème de Claude Sarrassat

Sans abri

Au ciel s’effilochent les nuages
Tourmentés par le vent d’hiver.
Un froid dur glace les visages
Des gens dont le pas s’accélère.

Ils regagnent leur domicile,
Auprès du feu, ils auront chaud.
L’ombre a envahi la ville,
Dans la rue les volets sont clos.

Couché dans sa boîte en carton,
Attendant que le jour se lève,
Un homme se blottit au fond,
Avec la crainte qu’on l’enlève.

Ses yeux regardent les étoiles,
Il sent son esprit s’engourdir
Car le sommeil étend sa toile.
Il doit lutter, ne pas dormir.

Quand le matin, un soleil pâle,
Vint éclairer le sol gelé,
On découvrit, triste et banal,
Le corps d’un homme inanimé.

© Claude Sarrassat, février2021

Nous, les gosses - Un quartier de Paris sous l’Occupation

Vices et vertus, poème de Claude Sarrassat

Vices et vertus

Les vertus décidèrent un jour,
De s’affranchir de tous les vices
Qui séduisaient par leurs discours
En recourant aux artifices.

Certaines se disaient cardinales,
Justice, tempérance et prudence,
D’autres se voulaient théologales,
Charité, foi et espérance.

La charité conçut le plan
D’exterminer jusqu’au dernier,
Les vices les plus malfaisants,
Sans aucune once de pitié.

La tempérance et la prudence
S’enfoncèrent, sans raisonner,
Dans les bas-fonds de la licence
Pour dénicher les vices cachés .

La foi chancelante et molle,
N’envisageait que des miracles
Et l’espérance toujours folle,
Alla consulter les oracles.

Avec de pauvres résultats,
Les vertus s’épuisaient en vain.
La justice dit que le combat
Etait contre les vices sans fin.

© Claude Sarrassat, janvier 2021
Nous, les gosses - Un quartier de Paris sous l’Occupation

L'Escapade de Mademoiselle Estefa, texte de Joëlle Tiano-Moussafir lu par Catherine Deneuve

Mademoiselle Estefa, texte de Joëlle Tiano-Moussafir lu par Catherine Deneuve« Depuis quelques mois, Mademoiselle Estefa traversait une période de mélancolie. Elle n'en était pourtant pas coutumière. Etait-ce la saison ? L'approche de la retraite ? Le départ au Japon de sa petite nièce ?

Ce mercredi, tous ses élèves avaient annulé leurs leçons : Delphine avait la varicelle, Antoine la colique, Mirabelle devait aller chez le dentiste à cause d'une rage de dents, et Joseph gardait la chambre. Aussi se trouva-t-elle soudain libre de son temps. Alors, sans doute parce que le vent de mars avait nettoyé un grand morceau de ciel devant ses fenêtres, que l'air annonçait sa douceur de printemps, et la lumière sa splendeur d'été, une envie de campagne la saisit avec une force qui la surprit. Plus encore l'étonna la certitude qui s'éleva en elle à peine avait-elle tourné le démarreur de la voiture : elle irait à la Rouge-Mare, elle roulerait vers le nord-ouest, vers Bernay, vers Lyons la Forêt, elle irait revoir le hameau, le lieu-dit de très anciennes vacances.

Sur la route, les maisons de briques annonçaient une Normandie qui n'était pas celle des toits de chaume ni celle du bocage; une Normandie " haute ", plus ventée, plus âpre, plus rugueuse, l'arrière du pays de Dieppe, Fécamp, Saint Valéry en Caux... Le long des collines qui accompagnaient la route, les nuages s'amoncelaient en troupeaux, et, sur la crête de certaines, dénudées, râpées sur leurs flancs, une rangée d'arbres figurait des gardiens menaçants.

A Neufmarché elle reconnut le restaurant où l'on s'arrêtait déjeuner à chaque arrivée de Paris. Elle prit à gauche la route qui s'enfonçait définitivement dans la campagne. Aux détours des lacets que celle-ci dessinait, elle découvrait quelques maisons éparses, toutes de briques, que, sans reconnaître vraiment, elle sentait familières. Toutes les gammes de vert d'une végétation presque exubérante la mettaient en joie, jusqu'à ce qu'elle s'étonnât : " Tiens, la végétation est plus avancée qu'à Paris ... je pensais que c'était le contraire." Elle sentait aussi, comme tapie contre l'épaulement de terrain le long duquel s'adossaient les hameaux, la grande forêt. Elle chercha bientôt à identifier, à main gauche, l'épicerie de son enfance. Cette épicerie où se conjuguaient l'odeur âcre de la pomme de terre, le fumet du poireau, les senteurs de graine sèche des sachets de semences légumiers et fleuris (on avait du mal à se figurer qu'un jour elles puissent donner les choux pommés ou les pensées coloriés de l'emballage), celle du tabac, et, migrant par la porte qui faisait communiquer l'épicerie et le café, en nappes, l'arôme puissant et fruité du calvados. Mais elle ne fut pas certaine de sa mémoire car l'épicerie, redevenue maison, se confondait maintenant avec d'autres. Plus loin elle guetta l'aire où avait été dressé le mât de cocagne d'une kermesse que, dans son souvenir, Papillon, son amoureux de huit ans avait réussi à monter dans toute sa hauteur cirée. A main droite, elle aperçut le chemin de sable qui menait à la grande ferme carrée, close comme une forteresse, et, dans les prés qui la précédaient, elle distingua un taureau qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Dudule, le taureau lunetté de noir qui les terrorisait enfants. Plus loin encore, à un tournant, elle reconnut le talus des trèfles à quatre feuilles et, enfin révélée, la lisière de la forêt où l'on cherchait les jacinthes sauvages. Puis elle découvrit, dépassant à peine la haie devenue trop haute, la petite maison de briques roses, orientée comme les autres perpendiculairement à la route, pour mieux regarder le soleil. Elle arrêta le moteur.

Dans la voiture devenue silencieuse, elle crut entendre le désordre des battements de son coeur : la barrière repeinte de frais, aux barreaux de bois verticaux que zébraient trois fois, par le travers, trois autres barreaux, était, elle le savait, encore celle de son enfance. Elle chercha du regard dans le fond la guérite du lieu d'aisance et sa porte ajourée d'un coeur. Celle-ci avait disparu. Les volets ouverts des trois fenêtres ne laissaient voir aux vitres que les reflets d'une maison à jamais désertée.

Mademoiselle Estefa poussa la barrière. Celle-ci décrivit un grand arc de cercle avec un ballant trembloté qui lui rappela quelque chose qu'elle n'arrivait pas à saisir. Elle s'avança sur le petit chemin pavé de briques. L'échelle qui, dans son enfance, menait par le petit côté de la maison au grenier n'était plus là mais, à l'endroit où ses montants prenaient appui auparavant, Mademoiselle Estefa découvrit, adossée contre le mur, une petite fille. Elle avait six ans peut-être et lisait un album d'enfant dans un format à l'italienne; une grosse pile de livres à ses côtés témoignait de son appétit de lecture. »

Extrait de L'Escapade de Mademoiselle Estefa, livre audio de Joëlle Tiano-Moussafir, aux éditions Le Livre qui parle. Texte lu par Catherine Deneuve et Raphaële Moussafir, Bethsabée Belivacqua, Fabienne Chaudat, Agathe et Mathilde Moussafir, Lou et Samuel Warin. Le CD est accompagné du texte intégral présenté dans un album illustré des sanguines originales de Josette Mingot. Ecouter un extrait audio sur le site des éditions Le Livre qui parle. Le livre audio peut être commandé sur le site de l'éditeur et dans toute librairie, prix 17,90 €.

Edition indépendante, la survie

Après le premier confinement et la fermeture des librairies, les éditeurs ont vu tous les salons et rencontres annulés, autant d'événements importants pour rencontrer le public. Bien décidés à se remonter les manches, 5 maisons d'édition normandes (La Marmite à mots, Le Soupirail, Rabsel, FL éditions et Zinédi) ont monté un collectif, Le Havre aux livres, pour mener des actions visant à apporter de la visibilité à leurs catalogues et aux auteurs. Première action du collectif : l'ouverture le 3 novembre d'une boutique éphémère au Havre autour de rencontres littéraires, ateliers, expositions. Avec la nouvelle fermeture des commerces « non essentiels », la boutique physique s'est transformée en boutique en ligne proposant le click&collect, la livraison ou l'expédition, avec une sélection de quelques ouvrages pour aller vite. Pour le retrait des commandes, les éditeurs se relaient sur place, de 10 h à 19 h 30, 3 jours par semaine les mardi, jeudi et samedi, et répondent aux questions des visiteurs et des passants sur cette initiative (saluée par tous) et les livres proposés en vitrine et espèrent une réouverture au plus vite pour donner tout son sens à ce projet.

Les médias en parlent :

Paris-Normandie du 9/11/2020

201109 paris normandie le havre aux livresReportage de France 3 Normandie sur Le Havre aux Livres du 9/11/2020

Paris-Normandie du 8/11/2020

« En raison du reconfinement, l’ouverture d’une nouvelle boutique éphémère d’éditeurs normands prévue mardi dernier (jusqu’au 31 décembre) a été reportée. Les deux Havrais (La Marmite à mots/jeunesse et Rabsel/spiritualité) et les trois autres Normands (FL Éditions/photo, Zinédi/littérature générale francophone et Le Soupirail/littérature française et étrangère contemporaine) réfléchissent aujourd’hui à la manière d’entrer en contact avec les lecteurs. Entretien avec Emmanuelle Viala Moysan, éditrice au Soupirail en Basse-Normandie. » Interview en libre lecture sur le site de Paris-Normandie.

Ouest-France du 13/11/2020

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