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Lettre ouverte au ministre de la Culture
L'association l'autre LIVRE, qui regroupe 250 maisons d'édition indépendantes, écrit une nouvelle fois au ministre de la Culture, Franck Riester, pour demander un tarif postal privilégié pour le livre, comme c'est le cas pour la Presse depuis la Libération :
Lettre ouverte au ministre de la Culture
à M. Franck Riester, Ministre de la Culture
Paris le 27/04/2020
Monsieur le Ministre,
Vous avez annoncé que vous alliez rendre public, dans les jours qui viennent, un ensemble de mesures concernant la filière du livre.
Nous avons de sérieuses raisons de redouter les conséquences de la période que nous traversons sur la vie et l’activité de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre.
La fermeture des librairies (qui met de nombreux libraires indépendants dans une situation délicate) a aussi un effet immédiat et direct sur nos maisons d’édition. Nous craignons qu’un certain nombre d’éditeurs d’indépendants n’y survivent pas.
S’ils disparaissent, ce sont des catalogues qui vont disparaître des rayons des librairies. C’est avant tout la capacité de création éditoriale, la diversité et le pluralisme culturel de notre pays qui seront abimés. Dans certains domaines, en particulier ceux qui sont jugés non commerciaux, les petits éditeurs, les éditeurs indépendants qui sont animés avant tout par la passion du livre, jouent un rôle de création essentiel. C’est le cas notamment pour la poésie, la nouvelle, la philosophie, l’essai, la traduction, l’histoire régionale et sociale, le livre jeunesse…
Parmi les mesures qui nous paraissent indispensables, il y en a une à propos de laquelle nous vous avons écrit dès les premiers jours du confinement et sur laquelle vous nous permettrez de vous relancer.
Les circonstances actuelles rendent en effet urgent la mise en œuvre d’un tarif postal préférentiel pour le livre, à l’image de ce qui existe pour la presse.
Actuellement les tarifs postaux qui nous sont imposés quand nous envoyons nos livres aux libraires, aux bibliothécaires, aux lecteurs, pèsent très lourd dans l’économie de nos maisons.
Cette revendication qui est aujourd’hui soutenue par plus de vingt associations d’éditeurs, nationales et régionales, n’est pas une revendication catégorielle, voire « corporatiste ». Elle répond à une nécessité pour tous les acteurs de la filière du livre : qu’ils soient auteurs, éditeurs, distributeurs, libraires, bibliothécaires, lecteurs.
Elle a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs pétitions dont celle qu’avait lancée notre association et qui avait recueilli plus de 4 000 signatures.
D’autre pays européens, comme vous le savez, pratiquent une tarification spéciale.
En France, il existe un tarif postal particulier, dit « livres et brochures » qui n’est appliqué que pour les envois à l’étranger, afin d’aider à la promotion de la culture française à l’étranger.
Mais aujourd’hui, c’est ici même et maintenant qu’il faut soutenir la diffusion de la culture.
Nous pensons donc qu’il faudrait sans tarder généraliser ce tarif aux envois de livres en France et dans les TOM-DOM.
Il n’est pas dit qu’un tel tarif entraîne un manque à gagner pour la Poste, car il pourrait favoriser en retour une plus grande circulation postale des livres.
Ne pas donner droit à cette revendication serait par contre favoriser les géants du commerce en ligne qui risquent fort de profiter de la crise actuelle, au détriment des autres acteurs de la filière.
Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à notre demande, nous sommes à votre disposition pour toute concertation et vous prions de croire en l’assurance de notre considération.
Francis Combes
Président de l’autre LIVRE
www.lautrelivre.fr
Vous pouvez retrouver les précédentes lettres adressées au ministre de la Culture et au ministre de l'Economie et des finances sur « Nos revendications ».
Jean-Pierre Croset s’en est allé
« Mais qui est donc ce monsieur Croset, à la plume parfois légère et coquine, au récit sacrément épique, dont aucune ligne ne manque de souffle ? La vie de Jean-Pierre Croset, à elle seule, pourrait donner lieu à un joli roman, dont il livre ici quelques pages. » écrivait Nicolas Totet dans le Courrier Picard à la sortie de son roman 1557, « roman historique sur le siège sanglant de Saint-Quentin, sa ville natale. » Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui connaît parfaitement l’histoire de Saint-Quentin dont il fut maire jusqu’en décembre 2016, a été sensible à ce roman qui relate de façon très détaillée cet événement historique. « Ce chapitre tragique et glorieux de l’histoire de Saint-Quentin et de l’Histoire de France, Jean-Pierre Croset nous le fait revivre dans un roman à la Dumas, au travers d’une succession d’intrigues captivantes vécues par des personnages aussi bien fictifs que réels. », écrit-il dans sa préface.
Comédien de formation, ancien élève du cours Simon, Jean-Pierre Croset s’oriente en premier lieu vers la chanson. Avec Alain Féral, ils montent un duo, « Les Mandragores », et se produisent dans les cabarets. Il prend goût à l'écriture de chansons et produira plus de 300 textes. En 1963 il reçoit le prix international du disque de l’Académie Charles Cros. Il poursuit en parallèle une carrière dans l’édition, chez Hachette.
Sa corde artistique n’a jamais cessé de vibrer et après 30 ans de vie professionnelle comblée, il revient à ses premières amours : la musique, le chant et l’écriture.
Sa bibliographie rassemble plusieurs textes : Sur tous les tons, recueil des textes de ses chansons paru chez Jean-Claude Lattès, un premier roman, Écris-moi, paru aux éditions Liriade en 2014, 1557, son deuxième roman, paru en 2016 chez Zinédi, Et si l’Oubli avait un trou de mémoire ?, un recueil de contes et nouvelles, paru en 2017 chez Lame vague éditeur.
Il est lauréat 2017 du prix Jean de La Fontaine, organisé par la ville de Château-Thierry et l’Académie Charles Cros, pour lequel il a obtenu le premier prix, avec sa fable intitulée La Tuile et l’estragon.
Installé dans sa maison de Monceaux-au-Perche, il mettait la dernière main à son prochain roman à paraître chez Zinédi en 2020 quand les muses l’ont enlevé.
Les éditions Zinédi perdent un ami, un saltimbanque à la jolie plume et au caractère joyeux. Elles s’associent à la peine de ses proches et de son âme soeur.
Nous lui rendons hommage avec ce texte de Louis Amade chanté par Gilbert Bécaud : Quand il est mort le poète.
Quand il est mort le poète,
Quand il est mort le poète,
Tous ses amis,
Tous ses amis,
Tous ses amis pleuraient.
Quand il est mort le poète,
Quand il est mort le poète,
Le monde entier,
Le monde entier,
Le monde entier pleurait.
On enterra son étoile,
On enterra son étoile,
Dans un grand champ,
Dans un grand champ,
Dans un grand champ de blé.
Et c'est pour ça que l’on trouve,
Et c'est pour ça que l’on trouve,
Dans ce grand champ,
Dans ce grand champ,
Dans ce grand champ, des bleuets.
- l’article du Perche du 24/04/2020 : « Un écrivain, poète du Perche, s'en est allé rejoindre les muses »
- l’article de Ouest-France du 27/04/2020 : « Avec Jean-Pierre Croset, une plume s'est envolée »
- l'article du Courrier Picard du 28/04/2020 : « Les muses ont enlevé l’Axonais Jean-Pierre Croset »
Lettre ouverte au ministre de l'Economie et des Finances
L'association L'Autre Livre, après avoir écrit au ministre de la Culture, Franck Riester, s'adresse également à Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances pour un tarif postal spécifique au livre, seul moyen de sauver les petites structures d'édition et les librairies indépendantes. Voici la lettre, vous pourrez aussi la retrouver sur le site de l'autre LIvre:
Lettre ouverte au ministre de l'Économie et des Finances
Paris, le 20 avril 2020
Copie à M. Franck Riester, ministre de la Culture
Monsieur le Ministre,
Je me permets de reproduire ici les mots qu'une de nos adhérentes nous a demandé de porter à votre attention, mots qui font écho aux inquiétudes de bon nombre d'éditeurs indépendants, représentés parl'autreLIVRE
« Nous sommes bien sûr tous préoccupés par nos personnels de santé qui sont au front pour lutter contre le Covid-19 et nous exprimons notre solidarité en restant confinés.
Cela étant dit, bien des secteurs de l'économie sont en souffrance, et nombre d'entreprises, particulièrement de petite taille, ne s'en relèveront pas. C'est le cas du monde du livre, car la « chaîne du livre » est aujourd'hui complètement à l'arrêt. Les libraires indépendants, les éditeurs indépendants, les auteurs, mais aussi les grands groupes d'édition sont en danger. À moins que...
Notre président, M. Francis Combes, a écrit, au nom de l'association et des 250 éditeurs indépendants qu'elle représente, une lettre à votre collègue de la Culture, M. Franck Riester, pour lui proposer une mesure très concrète et très simple pour nous aider maintenant et demain : aligner les tarifs postaux du livre sur ceux de la presse, et supprimer la tranche maximale de 3 cm pour l'envoi d'un livre. Cette solution nous permettrait à nous, libraires et éditeurs, de continuer à travailler en vendant les livres par correspondance sans subir de plein fouet la concurrence d'Amazon, qui ne s'est pas gêné pour profiter de la situation (Amazon impose ses diktats aux éditeurs, viole les lois de notre pays, tant en matière sociale que fiscale, ce qui lui a permis d'acquérir une position dominante au détriment de la librairie française).
Savez-vous, monsieur le Ministre, que pour envoyer par La Poste un livre de 250 pages (qui pèse environ 300 g), il en coûte 5,83 € en lettre verte, soit plus d'un quart du prix du livre (sauf à le vendre à un tarif indécent) ? Savez-vous que pour envoyer un livre qui dépasse 3 cm d'épaisseur, il faut le faire par Colissimo, au prix de 7,14 € HT ? Et ces tarifs augmentent chaque année, alors que le prix du livre, lui, est fixe. Savez-vous que ces frais d'envoi ne peuvent pas être répercutés par le libraire sur les lecteurs ? Pensez-vous que nous, éditeurs, puissions prendre à notre charge de telles sommes ? Pensez-vous que les libraires puissent prendre à leur charge de telles sommes ? Non, bien sûr. En tant que ministre de l’Économie et des Finances, vos relations avec La Poste sont étroites. Si vous voulez nous aider, aider la diffusion du livre en France et dans les territoires d'outre-mer, si vous voulez cultiver la bibliodiversité, alors plaidez notre cause auprès de La Poste pour que les tarifs préférentiels, jusque-là réservés à la presse, s'appliquent au secteur du livre.
Il ne s'agit pas seulement de relancer la chaîne du livre, mais aussi de s'assurer de sa pérennité, en tenant compte des besoins réels des petites maisons d'édition (moins de 10 parutions par an), éternelles oubliées du secteur et au chiffre d'affaire trop bas pour bénéficier des aides mises en place. Et quoi de mieux, pour aider les librairies, que de faire en sorte qu'elles puissent proposer à leur clientèle une offre riche et variée, cette bibliodiversité qui garantit l'exception culturelle française dont nous nous enorgueillissons tous ?
Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l'expression de ma considération.
Pascale Goze
Secrétaire générale de l'autre LIVRE, association internationale des éditeurs indépendants.
Journée mondiale du livre et du droit d'auteur
L'Unesco a fait du 23 avril la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, depuis 1995. C'est aussi la Fête de la librairie indépendante. Mais à l'origine, il s'agit de la Sant Jordi, fête catalane du livre et de la rose, en hommage à l'écrivain Miguel de Cervantes, inhumé le 23 avril 1616.
Lectrices et lecteurs du monde entier, unissons-nous pour que continue à vivre la lecture et la bibliodiversité, nous en avons besoin plus que jamais !
Le livre, c'est d'abord un auteur, puis la rencontre avec un éditeur pour transformer le texte en livre et le défendre auprès de ses lecteurs... ne les oublions pas, lisons, achetons des livres, imprimés ou numériques, et lisons encore !
Tous les livres des éditions Zinédi sont disponibles en numérique sur le site leslibraires.fr.
La plupart des livres imprimés des éditions Zinédi sont en stock et commandables sur la librairie en ligne de Zinédi.
Prix de littérature 2020 des Lions de Normandie pour L'Affaire Julie Clain
C’est aujourd’hui que devait être remis officiellement le Prix de Littérature 2020 des Lions Club de Normandie à Martine Gasnier pour son roman L’Affaire Julie Clain.Cet événement, compte tenu des circonstances, n’a pas pu avoir lieu et son prix lui sera remis à une date ultérieure. Comme sera sans doute remis à une date ultérieure la présentation des 15 oeuvres primées à la Convention nationale de Marseille. Les éditions Zinédi tenaient néanmoins à adresser à Martine Gasnier un message d’amitié en ce jour particulier.
Vous pouvez vous procurer le livre en version numérique sur les librairies en ligne quand elles ont un site, sur le site des librairies indépendantes leslibraires.fr, ou sur la librairie des éditions Zinédi. Vous pouvez aussi acheter la version imprimée, mais compte tenu du ralentissement dans tous les secteurs d’activité, les temps d’expédition sont allongés. Si vous habitez Argentan, vous pouvez contacter la libraire Demeyere qui assure des livraisons, de même que la librairie Le goût des mots à Mortagne-au-Perche. La maison de la presse de Carrouges, qui est ouverte tous les matins, offre une grande variété de livres, vous y trouverez L’Affaire Julie Clain.
Lettre aux Français depuis leur futur par l'écrivaine italienne Francesca Melandri
Bonjour, je vous communique ci-dessous le mail reçu de la librairie Le Délit-Justicia à Paris que nous aimons beaucoup, comme quelques autres, car les libraires qui y travaillent aiment les livres, lisent les livres et sont à même de vous donner les bons conseils de lecture.
« Bonjour,
Comme vous le savez, le décret du 15 mars dernier oblige à la fermeture tous les commerces non indispensables, et ce jusqu'au 15 avril a minima.
Le confinement ajouté à cela bouleverse nos vies.
Mais finalement ce n’est pas cher payé pour enrayer la propagation du virus.
Nous ne sommes pas dans un pays en guerre conventionnelle : nous avons toujours de l’eau potable, de l’électricité, de la nourriture et des distractions.
Il nous faut juste respecter des consignes, certes contraignantes, mais bénignes.
Les soignants, dont ma femme infirmière hospitalière, sont touchés par les applaudissements du soir!
Mais tout ce qu’ils nous demandent, c’est de respecter le confinement pour sauver le maximum de vies, et protéger la leur!
Edith Payeux, autrice du sublime Du blé en herbe, au blé en gerbes, nous a transmis le texte de l’écrivaine italienne Francesca Melandri, écrit de Rome, où elle est confinée depuis le 9 mars.
Qu'elle en soit vivement remerciée.
Nous le partageons avec vous.
Prenez bien soin de vous et de vos proches.
Lettre aux Français depuis leur futur
Je vous écris d’Italie, je vous écris donc depuis votre futur. Nous sommes maintenant là où vous serez dans quelques jours. Les courbes de l’épidémie nous montrent embrassés en une danse parallèle dans laquelle nous nous trouvons quelques pas devant vous sur la ligne du temps, tout comme Wuhan l’était par rapport à nous il y a quelques semaines. Nous voyons que vous vous comportez comme nous nous sommes comportés. Vous avez les mêmes discussions que celles que nous avions il y a encore peu de temps, entre ceux qui encore disent «toutes ces histoires pour ce qui est juste un peu plus qu’une grippe», et ceux qui ont déjà compris. D’ici, depuis votre futur, nous savons par exemple que lorsqu’ils vous diront de rester confinés chez vous, d’aucuns citeront Foucault, puis Hobbes. Mais très tôt vous aurez bien autre chose à faire. Avant tout, vous mangerez. Et pas seulement parce que cuisiner est l’une des rares choses que vous pourrez faire. Sur les réseaux sociaux, naîtront des groupes qui feront des propositions sur la manière dont on peut passer le temps utilement et de façon instructive ; vous vous inscrirez à tous, et, après quelques jours, vous n’en pourrez plus. Vous sortirez de vos étagères la Peste de Camus, mais découvrirez que vous n’avez pas vraiment envie de le lire.
Vous mangerez de nouveau.
Vous dormirez mal.
Vous vous interrogerez sur le futur de la démocratie.
Vous aurez une vie sociale irrésistible, entre apéritifs sur des tchats, rendez-vous groupés sur Zoom, dîners sur Skype.
Vous manqueront comme jamais vos enfants adultes, et vous recevrez comme un coup de poing dans l’estomac la pensée que, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté la maison, vous n’avez aucune idée de quand vous les reverrez.
De vieux différends, de vieilles antipathies vous apparaîtront sans importance. Vous téléphonerez pour savoir comment ils vont à des gens que vous aviez juré de ne plus revoir.
Beaucoup de femmes seront frappées dans leur maison.
Vous vous demanderez comment ça se passe pour ceux qui ne peuvent pas rester à la maison, parce qu’ils n’en ont pas, de maison.
Vous vous sentirez vulnérables quand vous sortirez faire des courses dans des rues vides, surtout si vous êtes une femme. Vous vous demanderez si c’est comme ça que s’effondrent les sociétés, si vraiment ça se passe aussi vite, vous vous interdirez d’avoir de telles pensées.
Vous rentrerez chez vous, et vous mangerez. Vous prendrez du poids.
Vous chercherez sur Internet des vidéos de fitness.
Vous rirez, vous rirez beaucoup. Il en sortira un humour noir, sarcastique, à se pendre.
Même ceux qui prennent toujours tout au sérieux auront pleine conscience de l’absurdité de la vie.
Vous donnerez rendez-vous dans les queues organisées hors des magasins, pour rencontrer en personne les amis - mais à distance de sécurité.
Tout ce dont vous n’avez pas besoin vous apparaîtra clairement.
Vous sera révélée avec une évidence absolue la vraie nature des êtres humains qui sont autour de vous : vous aurez autant de confirmations que de surprises.
De grands intellectuels qui jusqu’à hier avaient pontifié sur tout n’auront plus de mots et disparaîtront des médias, certains se réfugieront dans quelques abstractions intelligentes, mais auxquelles fera défaut le moindre souffle d’empathie, si bien que vous arrêterez de les écouter. Des personnes que vous aviez sous-estimées se révéleront au contraire pragmatiques, rassurantes, solides, généreuses, clairvoyantes.
Ceux qui invitent à considérer tout cela comme une occasion de renaissance planétaire vous aideront à élargir la perspective, mais vous embêteront terriblement, aussi : la planète respire à cause de la diminution des émissions de CO2, mais vous, à la fin du mois, comment vous allez payer vos factures de gaz et d’électricité ? Vous ne comprendrez pas si assister à la naissance du monde de demain est une chose grandiose, ou misérable.
Vous ferez de la musique aux balcons. Lorsque vous avez vu les vidéos où nous chantions de l’opéra, vous avez pensé «ah ! les Italiens», mais nous, nous savons que vous aussi vous chanterez la Marseillaise. Et quand vous aussi des fenêtres lancerez à plein tube I Will Survive, nous, nous vous regarderons en acquiesçant, comme depuis Wuhan, où ils chantaient sur les balcons en février, ils nous ont regardés.
Beaucoup s’endormiront en pensant que la première chose qu’ils feront dès qu’ils sortiront, sera de divorcer. Plein d’enfants seront conçus.
Vos enfants suivront les cours en ligne, seront insupportables, vous donneront de la joie. Les aînés vous désobéiront, comme des adolescents ; vous devrez vous disputer pour éviter qu’ils n’aillent dehors, attrapent le virus et meurent. Vous essaierez de ne pas penser à ceux qui, dans les hôpitaux, meurent dans la solitude. Vous aurez envie de lancer des pétales de rose au personnel médical.
On vous dira à quel point la société est unie dans un effort commun, et que vous êtes tous sur le même bateau. Ce sera vrai. Cette expérience changera à jamais votre perception d’individus. L’appartenance de classe fera quand même une très grande différence. Etre enfermé dans une maison avec terrasse et jardin ou dans un immeuble populaire surpeuplé : non, ce n’est pas la même chose. Et ce ne sera pas la même que de pouvoir travailler à la maison ou voir son travail se perdre. Ce bateau sur lequel vous serez ensemble pour vaincre l’épidémie ne semblera guère être la même chose pour tous, parce que ça ne l’est pas et ne l’a jamais été.
A un certain moment, vous vous rendrez compte que c’est vraiment dur.
Vous aurez peur. Vous en parlerez à ceux qui vous sont chers, ou alors vous garderez l’angoisse en vous, afin qu’ils ne la portent pas. Vous mangerez de nouveau.
Voilà ce que nous vous disons d’Italie sur votre futur. Mais c’est une prophétie de petit, de très petit cabotage : quelques jours à peine. Si nous tournons le regard vers le futur lointain, celui qui vous est inconnu et nous est inconnu, alors nous ne pouvons vous dire qu’une seule chose : lorsque tout sera fini, le monde ne sera plus ce qu’il était.
Francesca Melandri traduit de l’italien par Robert Maggiori
Librairie Du Délit - Justicia
DOOLITTLE SARL
362 ter rue de Vaugirard - 75015 PARIS
Tel + 33 1 48 56 89 89
Le Prix normand Lions de Littérature 2020 à Martine Gasnier
Le Comité de Sélection du Prix Normand Lions de Littérature a présenté la participation des Clubs normands et proclamé les résultats des votes des lecteurs. C’est le roman L’Affaire Julie Clain de Martine Gasnier qui a remporté le Prix Normand Lions de Littérature 2020. L’originalité de ce concours réside dans le fait que ce sont les lecteurs qui forment le jury à raison d’une voix par lecteur.
Le Prix sera remis officiellement à Martine Gasnier le samedi 28 mars, lors du Congrès du District Normandie à Argentan.
Les 15 œuvres littéraires primées dans chaque District seront présentées lors de la Convention nationale de Marseille le 23 mai, sur le stand de la Commission Humanisme et concourront pour le Prix national Lions de Littérature 2020. L’Affaire Julie Clain représentera le District de Normandie dans cette compétition nationale.
Parution du roman Les Deux Chants du Cygne
Les éditions Zinédi publient le nouveau roman de Pierre Efratas et Gilles Pivard : Les Deux Chant du Cygne - Le Livre secret de la conquête de l’Angleterre. Sortie en librairie le 27 février 2020.
En stock chez l’éditeur, vendu sans frais de port, expédié sous 24 heures, cliquez ici.
Érudition, humour, poésie, romantisme, tragédie, mélancolie, sont les maîtres mots de ce roman qui nous entraîne dans l’intimité des personnages historiques à l’époque de la conquête de l’Angleterre.
Edith au cou de Cygne, grand amour de Harold, roi éphémère de l’Angleterre, fait broder secrètement une toile racontant sa vie, ses amitiés, son courage, sa fidélité, ses trahisons et la terrible défaite de Hastings. De son côté, Wulfnoth, jeune frère de Harold, otage de Guillaume, nous raconte sa vie d’enfant captif, la férocité du Conquérant et nous révèle sa passion cachée pour la reine Mathilde.
Et voici que par ces deux chroniques en regard, pareilles au chant ultime d’un Cygne répondant à l’autre, vous découvrirez un récit de la conquête normande aussi émouvant qu’éloigné des clichés.
Respectivement romancier et conteur de scène et de rue et spécialiste de la Tapisserie de Bayeux et du patrimoine normand, Pierre Efratas et Gilles Pivard ont le plaisir de se retrouver pour ce nouveau roman écrit à quatre mains.